Histoires du monde

Brasil sur Aguas Doces.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

Brasil sur Aguas Doces.            Brésil sur eaux douces. 

Pour de multiples raisons, le Brésil m’a toujours fasciné, ne l’avoir jamais visité sera un regret infini. L’écriture, à un modeste niveau, et le rêve me permettent de combler, en partie, cette lacune. On sait partout dans le monde que le Brésil est le pays du football et du carnaval mais peu de gens au monde, y compris les autochtones, savent que ce pays mythique baigne, sur sa plus grande surface, sur l’élément aquatique. Nulle part au monde, le mélange de la terre et de l’eau n’est aussi intime. Mère Nature, la maîtresse des lieux, régente ce trésor exceptionnel, un gigantesque espace reconnu comme le « poumon vert » de la planète et pour être la réserve mondiale de biosphère.

Le Brésil est traversé par un fleuve hors normes, l'Amazone, le deuxième plus long fleuve au monde après le Nil mais le fleuve au  débit le plus puissant au monde qui a donné son nom à l’Amazonie, un vaste territoire de 6 915 000 km2, A son embouchure l’Amazone déverse dans l’océan Atlantique 209 000 m3 d’eau douce par seconde. Le double du Congo, le fleuve africain, son principal concurrent en débit. Simplement phénoménal ! Ce fleuve et ses milliers d’affluents répandent la vie, l’onde s’écoule lentement à travers la plaine par une pente si faible que c’est en réalité la poussée de la masse d’eau en amont qui pousse le flux vers l’océan Atlantique. Dans le ciel survolent les grands « fleuves volant », des flux d’air humides qui naissent au-dessus de la forêt amazonienne et apporte des pluies jusqu’au Rio Grande Do Sul et au nord de l’Argentine. Les précipitations annuelles sont de 8 736 km3 par an. Pendant la saison des pluies l’Amazone et ses affluents inondent une superficie de plusieurs centaines de km2. La plus importante et la plus vaste zone inondable du globe. Elle se remplit pour devenir un marais de la taille de la Grande Bretagne avec un niveau atteignant les 13 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le fleuve et ses affluents, qui sont eux-mêmes des fleuves, sont des autoroutes fluviales empruntées par les navires de commerce et de passagers. Jadis, c’est par ces grandes voies de pénétration que cette terre a été explorée, conquise et exploitée.

La forêt humide de l’Amazonie, dont 42 % se situe au Brésil est la plus grande au monde. Ce grand pays est riche d’un point de vue hydrologique car il possède 12% de l’eau douce qui s’écoule à la surface du monde. Cette abondance ressource désaltère la forêt vierge, le monde végétal d’où s’élancent des arbres géants dont le faîte domine le toit de verdures, sans oublier les nombreux animaux sauvages évoluant dans ce vaste territoire luxuriant. L’or bleu occupe le territoire partout, au plus profond de la forêt, offrant la richesse, la diversité, la nourriture, contribuant à l’explosion de la végétation et à la beauté des paysages, multipliant la création dans tous les domaines. Dans cette région reculée du monde, Dame Nature a repris tous ses droits, elle mène la "samba", impose ces rythmes endiablés, grâce à elle la vie foisonne dans la jungle. Méfiants, les mammifères comme le jaguar, le tamanoir ou encore l’ocelot se camouflent dans la végétation épaisse. Sur les rivières nonchalantes, les hommes doivent s’adapter, vaquent à leurs occupations le long des cours d'eau : les pirogues caressent l’eau, les pêcheurs lancent inlassablement les filets, les dauphins roses s’ébattent, les chasseurs traquent le gibier, les aigrettes blanches rasent les flots, des oiseaux tropicaux au plumage bariolés volent de branche en branche. La forêt bruisse de mille bruits étranges.

Cet index n’est que la partie voyante que l’on peut explorer et visiter. Par ailleurs sous les pieds, il y a la partie invisible; le sous-sol de la forêt, promet aussi, l’opulence. Il contient des richesses naturelles extraordinaires en minerai (fer, cuivre, bauxite, or). Hélas, à toute bonne chose, il y a un revers. Attirés par l’appât du gain, des hordes de colons viennent s’y établir. Le déboisement massif pour dégager des terrains agricoles, la construction de méga- barrages portés par le gouvernement brésilien et les multinationales, le déplacement de milliers de personnes au mode de vie ancestral chassées, la pollution de l’eau par l’utilisation abusive de pesticides et de métaux lourds, la destruction de la biodiversité, la construction de routes à travers la jungle. Selon l’avis de plusieurs scientifiques, l’Amazone est en « transition », cause de l’activité humaine. Initialement puits de carbone, l’Amazonie pourrait bien basculer en émettrice du CO2 et accroître l’effet de serre.

Les forêts ancestrales sont des atouts clés face au réchauffement climatique, les arbres qu’elles contiennent absorbent le CO2 lors du phénomène naturel de photosynthèse. Mais lorsque, ils sont brûlés ou déboisés au profit de l’agriculture, le carbone retourne dans l’atmosphère et ceci à un contre-effet : celui d’accroître l’effet de serre. Les constructions de méga-barrages financées par les capitaux internationaux, les consortiums d’entreprises minières, l’agriculture et l’emploi massif de pesticides, les éleveurs de bétail, les « garimpeiros » (chercheurs d'or), les bûcherons clandestins, les trafiquants de drogues ne peuvent aller sans déforestation, ni de remise en cause du mode de vie traditionnel des Indiens, ni de pollutions qui impactent les eaux, sont des dommages irréversibles. Freiner la frénésie des uns et des autres à piller les mille ressources de la forêt amazonienne devient incontournable. La déforestation de la forêt est sans doute à l’origine de la grande sécheresse de 2005 qui a entraîné une baisse spectaculaire du niveau d’eau de l’Amazone d’une amplitude auparavant jamais vue. Un phénomène grandeur nature qui offre à nous humains, l’opportunité de mesurer la fragilité de cet équilibre écologique.

Tous les explorateurs, aventuriers ou voyageurs qui ont navigués sur ce fleuve sont unanimes, l’Amazone est en réalité un beau et noble fleuve, que l’on ne peut contempler pour la première fois sans une certaine émotion ! 

P-S. J'ai écris ce texte bien avant les incendies qui dévastent actuellement la forêt amazonniene, "poumon vert" de la planète. Je consacrerais un article le mois prochain sur le sujet qui affecte gravement, à l'échelle mondiale la biodiversité, bouleverse le cycle météorologique et accélère le changement climatique.