Histoires du monde

La mer à boire.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

           Si, de l’océan, on enlève le sel, il reste de l’eau, mais la nuance est énorme : de l’eau douce. Comparé au pétrole, l’eau douce n’a pas de valeur dans nos pays tempérés où le régime des pluies est suffisant pour gonfler nos cours d’eau, ravitailler nos lacs et reconstituer les nappes phréatiques que nous pouvons capter. Pourtant, l’utilisation intensive que nous en faisons commence à créer dans les pays les plus développés quelques problèmes d’approvisionnement. Aux Etats-Unis, par exemple, la consommation d’eau, qui ne dépassait pas 20 millions de mètres cubes par jour vers 1900, a doublé en l’an 2000, 100 ans plus tard. C’est simplement énorme !

Actuellement, partout sur notre planète, la situation s’aggrave avec le changement climatique. Toute la côte Ouest, de San Francisco à Los Angeles, est impactée par le manque d’eau, une situation nouvelle et dramatique. Après avoir gaspillé sans retenue la ressource pendant des années, le temps du rationnellement et des vaches maigres s’impose pour l’agriculture. Il y a encore quelques décennies, l’une des solutions envisagées consistait à remorquer d’énormes icebergs jusqu’au voisinage immédiat des grandes agglomérations et utiliser l’eau de la fonte. Ce projet n’était pas impossible puisque depuis plusieurs années de puissants remorqueurs travaillaient déjà dans l’océan Arctique pour ceinturer les icebergs dont la route dérivante menaçait les navires de commerce et les plateformes de forage pétrolier en activité.

Le problème de l’eau est encore plus crucial dans les pays arides, ceux aux sources d’eau douce inexistantes. Pour ceux qui bordent l’océan, le dessalement de l’eau de mer fournit une solution car entretemps le besoin vital d’eau douce de certaines régions du monde ont accéléré la recherche des techniques nouvelles et diverses de dessalement notamment la filtration par osmose inverse, des membranes performantes qui finalement s’avèrent les plus fiables.

Il n’existe pas de système parfait et cette option possède aussi des désavantages. D’abord écologique : les rejets massifs des saumures (concentration au double de la salinité naturelle) en mer inquiète l’ONU. Ensuite la construction d’une usine de désalinisation et le fonctionnement complexe  demande beaucoup d'énergie auquel il faut ajouter l’entretien onéreux des membranes (la salinité dégrade inéluctablement tous les matériels) et le  personnel qualifié qui additionnés les uns aux autres augmentent drastiquement les tarifs. Néanmoins, le dessalage à osmose inverse demeure indiscutablement, pour le moment, le procédé le plus fiable et le plus avantageux ! 

Les responsables comme les responsabilités sont partagées

mais se font toujours sur le dos des citoyens-contribuables !