L’eau pendant l’Antiquité.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

L'eau pendant l'Antiquité.

Le dieu des eaux. L’homme connaît de toujours l’importance de l’eau douce. Les Romains pensaient que sa disponibilité était sous le contrôle de Neptune, dieu des mers, des fleuves et des sources. Durant les périodes les plus sèches de l’année, ils lui faisaient des offrandes rituelles dans l’espoir que celui-ci leur épargnerait les dramatiques sécheresses.

L’eau, le 4ème élément. Au VIème avant J-C, le philosophe de la Grèce antique, Empédocle, définit l’eau comme le quatrième élément, les trois autres étant, selon lui, la terre, l’air et le feu. Pour Thalès, un autre savant grec ancien, l’eau était la substance première à partir de laquelle toutes les autres substances étaient constituées.

Les idées d’Aristote. La philosophie de la Grèce antique Aristote (384-322 avant J-C) avait des idées intéressantes mais erronées sur le cycle de l’eau. Il pensait que l’eau de mer s’infiltrait dans les terres émergées, perdant au passage  son sel, et ressortait par endroits pour alimenter les flux des rivières. En fait, il arrive que l’eau de mer passe par les eaux souterraines continentales dans les régions côtières basses lorsqu’elles sont affectées par une élévation du niveau marin. Mais c’est au contraire parce qu’elle conserve sa salinité que nous le savons.

Des fleuves et des rivières.

       Depuis toujours, les fleuves et les grandes rivières sont pour les hommes et leurs animaux une source d’eau, de bien-être, de nourriture et depuis les temps les plus reculés de voies de communication. Il n’est donc pas étonnant qu’ils aient construits des villes pour vivre au bord des voies fluviales pour y développer leurs activités. Ainsi, par exemple 400 millions de Chinois cohabitent sur les rives du Yangzi Jiang, 300 millions d’Indous (Inde) et de Bengalis (Bangladesh) sur celles du Gange et du Brahmapoutre, 80 millions d’Egyptiens sur le bord du Nil et autant d’Américains le long du Mississippi. On estime également qu’un milliard environ de personnes habitent sur les embouchures ou deltas des grands fleuves. Lors des inondations, ou pendant la mousson d’été, les fleuves débordent non seulement parce que les pluies sont trop abondantes mais aussi parce qu’ils ne peuvent se déverser dans la mer, du fait des vents violents dirigés vers la côte ou de la présence des hautes eaux des grandes marées.

De nombreux équipements ont été réalisés sur les grands fleuves européens pour en réguler les excès, permettre l’irrigation ou  produire de l'électricité : barrages sur le Rhin, le Rhône, la Loire en France, l’Ebre en Catalogne, le Pô en Italie, le Danube à travers l’Europe…Des programmes de construction de barrages de plus en plus pharaoniques sont à l’étude sur les plus grands fleuves du monde, particulièrement en Inde, Chine, Turquie, Indonésie, Laos ou Brésil, malgré les inconvénients majeurs de noyer de vastes territoires en amont et d’imposer l’expulsion de centaines de milliers d’habitants.

 Proverbe :        C’est en allant vers la mer que

                            le fleuve reste fidèle à sa source.

Le hameau du Somail, un poème.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

IMGP5788Quand renaît le printemps, le canal du midi, couloir de vie depuis quelques siècles, imprime sur les paysages un linéaire d'une rare beauté. Une péniche amarrée, l'église adossée sur le pont dédié à St Pierre, le port  et l'auberge, ouvrages désuets, demeurent insenslbles au temps. 

           Le hameau du Somail perpétue un poème dédié aux Languedociens et plus largement aux habitants de notre planète. Un homme fortuné, inspiré par un modeste champ de fleurs sauvages apportant une note colorée dans une campagne rustique, imagine un hameau, avec un port. Le Somail, éclot sur l’œuvre de sa vie comme un bouquet de coquelicots dont les pétales sont cette farandole d’ouvrages d’art, qui parle aux contemporains, montrant dans cette succession de pierres patinées par le soleil, la pluie et le vent des tableaux vivants qui chaque jour qui passe rend plus féérique ce chef d’œuvre architectural mais aussi qui se double dans le sens que c’est une enclave paisible et arborée, débordante de sérénité dans un monde en ébullition qui se déchire à coup d’armes conventionnelles, plus sournoisement chimiques, vendues sous le manteau par les « élites » des pays dits « riches » ! A chacun ses rêves mais personnellement je préfère la grandeur de Monsieur Riquet offrant avec ses propres deniers un monument à l’humanité à ceux qui laisseront que des ruines et des larmes !

Mettez vos souliers de marche ou enfourchez votre bicyclette, parcourez, en amont ou en aval, les berges du canal sur le chemin de halage ; sous la voûte végétale des platanes séculaires, y a tant de choses à voir entre Toulouse et l’étang de Thau...

Nombreux sont les artistes-peintres qui installent leurs chevalets afin d’immortaliser ce décor désuet, je cueille ce bouquet avec mes yeux !

Fête des vendanges.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

Chaque année, depuis 24 ans, lorsque la vendange est rentrée, Banyuls fête cet événement saisonnier. Un rassemblement préparé, concocté, porté et attendu par toute la population du village car toutes les familles ou presque ont un rapport viscéral avec la vigne ou la pêche, très souvent avec les deux. Si la récolte est bonne le bonheur rayonne sur les visages.

Traditionnelles sardanes, coblas, bandas, fanfares, stands de dégustation, parties de pétanque animent la journée. Une grande célébration populaire, chaleureuse et joyeuse en l’honneur de la richesse apportée par le vignoble cascadant vers la mer, qui après une année de labeur et avoir dévié les stressants tracas, les viticulteurs se « lâchent » pour siroter le vin de la nouvelle récolte autour de copieux « esmorzars » (déjeuners) catalans. Pour les anciens le nouveau nectar se savoure en levant le « pùrro » (cruche catalane) bien haut pour faciliter sa descente dans le gosier. Les « colles » (équipes de vendangeurs) organisent les agapes, posent sur les « grabillas » (grilles de cuisson) sardines, saucisses, ventrèches ou escargots accompagnés par quelques « gots de vi » (verres de vin) du cru.

Le point d’orgue de ce rassemblement festif se déroule au milieu de l’après-midi lorsqu’une retentissante ovation annonce l’arrivée par la mer, d’une petite armada de barques catalanes poétisées de bannières sang et or. Voiles au vent, elles se découvrent, puis dansent dans la baie devenue encore plus belle, puis les « catalanes » chargées de comportes « s’amourrent» (accostage par la proue) sur la plage pour débarquer leur précieuse marchandise sous applaudissements d’une foule en liesse. Une image symbolique forte, regardée par des milliers de personnes, immortalisée par les caméras, les photographes représentant le bonheur où pêcheurs, vignerons et habitants font la gloire du Pays catalan. A Banyuls de la Marenda, la vendange est, toujours, une sacrée fête débordante de symboles !

La péniche Marie Thérèse ressuscitée.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

      Agée de 162 ans, la péniche Marie Thérèse a eu forcément plusieurs vies. Elle a été construite en 1855 à Toulouse pour naviguer sur le canal du Midi. Jusqu’en 1890, entre la Ville rose et les quais du port de Sète, elle transite du vin en demi-muids (fûts en chêne d’une contenance de 625 litres), puis transporte des sacs de chaux, du ciment, du sable, du maïs ou de la farine. Elle pouvait charger et transporter allègrement 174 tonnes de marchandises. Après cette laborieuse mais intense vie, la Marie Thérèse est amarrée à Sète, tombe dans les mains de gens dont la navigation se fait en eaux troubles, changeant souvent de costume : restaurant le jour, discothèque la nuit et j'en passe… avant d’être abandonnée en très mauvaise santé en 1990.

Pour éviter sa destruction et la disparition définitive des barques de patron, le Conservatoire maritime et fluvial des Pays narbonnais l’achète en 1992. Juste avant qu’elle ne coule, (faute d’entretien durant de nombreuses années), une catastrophe qui aurait pu être son acte de décès. Elle sera finalement sortie de l’eau six ans plus tard, en 1998 exactement, dans un état déplorable. Quand elle a été renflouée, il ne reste pas grand-chose de cette imposante embarcation. Après cinq ans de restauration sur le chantier-école de Mandirac sur le canal de la Robine, elle retrouve son profil du XIXème siècle. Elle constitue un élément essentiel de la mémoire des « gens de l’eau » et témoigne pour les futures générations de l’épopée fantastique rattachée à la construction du canal du Midi et des conditions de son exploitation. Aujourd’hui, elle est la plus vieille péniche (et bateau) naviguant en Europe.

En mai 2016, elle entame une nouvelle existence, elle devient la vitrine de la cave coopérative des vignerons du château de Ventenac en Minervois qui ont acheté cette péniche d’exception dans le cadre d’un vaste projet de valorisation du patrimoine viticole. Elle sera amarrée devant le merveilleux château gothique où niche la cave viticole du petit et charmant village languedocien.

Il ne me reste plus qu’à souhaiter à la Marie-Thérèse la réussite à cette nouvelle aventure dans ce site merveilleusement représentatif de ce que le canal du Midi offre de meilleur à ses nombreux bateliers.

 

Légende du fort St Elme.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

              Ce fut un champ de guerre perpétuel que ce puig Japone sur le flanc des Albères qui s’élève au-dessus de Collioure, clef d’une conquête qui fut d’après le poète Henri Noëll, une véritable Alsace-Lorraine du Midi. Sous le soleil du Roussillon, une fleur de pierre en forme d'étoile éclot, il y a plusieurs siècles sur les ordres d'un empereur conquérant afin de protéger Collioure, un joyau convoité sur le golfe du Lion. Depuis le fort Saint Elme apporte son rayonnement royal et son aura embellit davantage la cité des peintres. Une légende raconte que pendant un des nombreux sièges, toujours sanglants, du fort St Elme, deux farouches guerriers, l’un espagnol, l’autre français s’affrontent en duel, l’épée à la main. Une haine ancestrale décuple les échanges, acharnés, âpres, violents car le combat sera mortel à l’un d’eux. D’assauts en reculades, de reculades en assauts, les deux belligérants se retrouvent sur un à-pic étroit surplombant Collioure. Découvrant la divine beauté de la baie de Collioure et le dégradé de bleu de la Grande Bleue, les belliqueux ont stoppé net le duel admirant le site où la nature et les hommes ont apporté leur empreinte depuis des siècles. Ces braves ont compris que la vie est meilleure que la mort. Par le sentier, ils sont descendus bras dessus, bras dessous à Collioure pour déguster dans les tavernes les sardines grillées accompagnées par une cruche de vin du cru. Ils sont devenus les meilleurs amis du monde. Et depuis saint Vincent ou sant Vicens, veille à l’amitié des deux Catalunyà qu’un malheureux traité a saucissonné en deux ! 

D'un côté une flore sauvage désordonnée, fortement parfumée aux essences méditerranéennes, sur l'autre versant les parcelles de vignes, finement entretenues, cascadent. Le fort St Elme est un livre de l'histoire du Roussillon et la terrasse de son antique de tour de Guarda le meilleur point de vue de la Méditerranée.