L'eau qui chante

L'eau de la Sainte Tombe d’Arles sur Tech.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

  Aux environs de l’An Mil, le Vallespir et particulièrement Arles de Tec essuyèrent une série de calamités : inondations, sécheresses, grêle, neige, épidémies ou famines, mirent à mal le courage de la population. Dans son besoin de protection et d’espérance en un avenir meilleur, c’est vers la religion que les gens d’Arles animés par la foi chrétienne plaçaient leur confiance. Chaque abbaye se devait de posséder quelques reliques de saint, chargées de préserver du malheur la contrée environnante. Devant la recrudescence des malheurs dans le Vallespir, l’abbé Arnulfe, prieur de l’abbaye, décide d’entreprendre le long et périlleux voyage jusqu’à Rome, dans le but d’obtenir du pape des reliques de saints protecteurs. Son courageux périple fut payant puisqu’il a ramené, après bien des péripéties, une partie des restes de deux saints, Abdon et Sennen, princes persans qui ont souffert le martyre pour avoir refusé de renier leur foi. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Ce qui est extraordinaire, c’est que le sarcophage de marbre dans lequel a été déposée une partie des reliques produit régulièrement une eau très pure dont aucun scientifique, pour l’instant, n’a pu expliquer la provenance. Condensation ? Infiltrations ? Le mystère reste entier. Les croyants prêtent à cette eau des vertus curatives.

Le préposé chargé de recueillir le précieux liquide a introduit un antique siphon de cuivre à l’intérieur du sarcophage, l’amorce et un filet d’eau se met à couler à l’abri des murailles millénaires du cloître. De sa voix rocailleuse, il ajoute : en une année, nous tirons entre 500 et 800 litres. Cette eau ne se corrompt pas. Tous les 50 ans, le sarcophage est vidé, nettoyé et séché, et pour confirmer ses affirmations montre le constat d’huissier et les photos de cette opération, réalisées en l’an 2000. Les Arlésiens, croyants ou pas, mais tous attachés à cet héritage, tiennent à fêter dignement les saints Abdon et Sennen. Ces reliques font partie du patrimoine arlésien et chaque année, le 30 juillet, Arles célèbre avec faste ses saints protecteurs !