L'eau qui chante

Trésors dans l’eau du Rhône.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

        Le Rhône, superbe fleuve, est une voie fluviale de grande importance sur lequel naviguent toutes sortes d’embarcations depuis des siècles. Les Romains s’installent à Arles qui devient un important carrefour commercial sur le chemin de l’Empire Romain, de l’Ibérie et le Nord de l’Europe. 

La révolution industrielle intensifie un trafic fluvial florissant. Hélas qui charrie aussi son lot de nuisances ! Le fleuve devient un dépotoir facile de Lyon à la Méditerranée. Vers les années 2 000, il faut un arrêté préfectoral pour dénoncer que le fleuve est gravement pollué de métaux lourds. Une information qui choque les consciences. Les anguilles, les aloses et divers poissons qui vivent dans les fonds vaseux contiennent dans leur graisse un taux de pyralène très supérieur aux normes. Mais le Rhône possède heureusement d’autres richesses enfouies dans ses bas fonds ! En effet à hauteur de la ville d’Arles, en 2004, un plongeur découvre une épave dans les fonds limoneux et boueux reposant entre 4 et 8 mètres. Le courant et la faible visibilité embrouille la découverte mais les plongeurs flairent la bonne trouvaille. De surprises en surprises, les plongeurs libèrent minutieusement de ce sarcophage de sédiments, un chaland gallo-romain à fond plat, long de 31 mètres sur 3 m de large destiné au transport de marchandises. Son mobilier de bord, le banc de mât, le mât de halage, la rame-gouvernail sont dans un état de conservation exceptionnel. La lourde cargaison de blocs de pierres, d’amphores, de lampes à huile, des fragments de céramiques ou verres, des peignes en bois, des gobelets, des pièces de monnaie, un amoncellement de centaines d’objets gisent en désordre depuis plus 2 000 ans. Protégé par les alluvions, le manque d’oxygène, l’absence de sels marins et de micro-organismes ont préservé l’ensemble. Pas le premier chaland mis à jour dans les fleuves d’Europe mais de loin le mieux préservé exprime un plongeur passionné d’archéologie. L’analyse ADN révélera son origine, les marchandises, sa conception ainsi que le rang social des matelots ajoute-t-il.

Le site est d’ores et déjà une référence pour le premier siècle de notre ère. Sous le regard bienveillant de César sorti des eaux du Rhône en 2008.