L'eau qui chante

Autrefois, les "catalanes"…

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

                  La civilisation des pêcheurs catalans eut ses lettres de noblesse grâce aux barques catalanes qui traverse le XIXème siècle jusqu’à nos jours. Fines et robustes, légères et puissantes, élégantes et ventrues, les barques catalanes peuvent être considérées comme le type de voilier méditerranéen le plus beau encore en activité. Au début du XIXème siècle, plus de 300 barques pêchaient sur la côte catalane et on comptait en Roussillon quatre chantiers navals réputés où travaillaient d'habiles charpentiers de marines dans lesquels venaient, aussi, passer commande des pêcheurs du Languedoc qui leur avaient donné le nom de "catalanes".

Le Barcarès, Banyuls et surtout Collioure qui alignait sur ses plages 130 barques armées pour la pêche à la sardine et à l’anchois, étaient les villages les plus dynamiques. Après l’arrivée du chemin de fer à Collioure en 1886, la pêche côtière a connu un essor considérable dans le village : avec la culture de la vigne, elle fournissait du travail à l’ensemble de la population. En 1900, on compte 700 marins, 21 ateliers de salaison, 15 expéditeurs, 2 chantiers de construction navales, des tonneliers, des cordiers, des femmes de pêcheurs ravaudeuses de filets…Avant la Deuxième guerre mondiale, l’évolution de l’économie et des techniques entraîne de profonds changements dans les communautés traditionnelles. La motorisation, suivie de l’utilisation de nouveaux matériaux de construction et le déclin irréversible de la pêche, les "catalanes" furent abandonnées, pourrissant sur les plages, beaucoup furent brûlées sur place. Aujourd’hui, à Collioure, la pêche est morte.

Pourtant, la tradition des barques catalanes a survécue. Un sursaut salvateur se développe pour sauvegarder ce qui peut l’être. Des amoureux de ce patrimoine maritime catalan se mobilisent au sein d’associations visant la redécouverte d’un savoir oublié et l’affirmation d’une identité que l’on ne veut pas perdre.