L'eau qui gronde

Sur la plage l'hiver 1939, la « Retirada »

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

Lors de l’hiver de 1939, il y a 80 ans, des centaines de milliers d'Espagnols entraient en France par le Pays catalan pour fuir leur pays, l’Espagne, pour des raisons politiques après une interminable et effroyable guerre civile. De Prats de Mollo en Vallespir à Cerbère au bord de la mer, les chemins de l'exil à travers la montagne, furent nombreux mais aussi particulièrement difficiles car franchir la chaîne des Pyrénées, frontière naturelle, n'est jamais aisée, surtout au coeur de l'hiver.  Pour les familles, les enfants, les femmes, les vieillards, la marche forcée vers la liberté se gagnait au prix fort du chagrin, du désespoir et des larmes suite à la chute de Barcelona le 26 janvier 1939.

Les camps improvisés sur le sable en bord de la Méditerranée, dont les plus connus sont Argelés, St Cyprien, Le Barcarès ou encore le camp de la Mauresque à Port-Vendres, accueillaient dans des conditions déplorables, voire inhumaines, des femmes, des enfants et des hommes exténués et affamés après avoir franchi la frontière franco-espagnole. Parqués dans des baraques en bois construites à la hâte,  la précarité des lieux, l'insalubrité, les maladies, les blessures physiques et morales, le froid, la faim, l’oisiveté et l’interdiction de quitter le baraquement aggravaient les souffrances de cette population désemparée.

Cette guerre fratricide engendrait, aussi, des drames dans les familles car parfois l’un était rouge et l’autre blanc.

 Le navire Maréchal Lyauté, battant pavillon français, amarré quai de la Douane (aujourd'hui quai de la République) à Port-Vendres est réquisitionné et transformé en navire-hôpital pour soigner les "républicains" espagnols arrivés dans le port catalan. Un exode de plus de 500 000 hommes, femmes, enfants, jeunes ou vieux, fuient leur pays sous le bombardement des troupes franquistes. Un train d'ambulances évacue les réfugiés blessés ou malades vers les hôpitaux de la région. Une partie des valides seront internés au camp de la Mauresque à Port-Vendres, les autres seront internés dans les camps improvisés d'Argelès, St Cyprien, Le Barcarès et d'autres. Où qu'elle soit, la guerre c'est toujours vilain mais une guerre civile c'est encore plus insupportable !