L'eau qui gronde

La Mattanza.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

Dans un rituel ancestral, les thons sont piègés, la tuerie débute. Ainsi des animaux sauvages et exceptionnels qui depuis la nuit des temps viennent procréer en Méditerranée meurent dans des conditions barbares. Sur le cliché, les pêcheurs entassent dans les barques, le butin au goût de sang. Photo de 1950. 

 Pêche ancestrale du thon rouge en Méditerranée, la « mattanza » est toujours pratiquée sur l’île de San Pietro au sud-ouest de la Sardaigne. Cette pêche, au premier abord cruelle, répond à un besoin de subsistance dont l’origine remonte à la préhistoire. Très technique, elle consiste à capturer les thons de l’Atlantique sur le trajet de la reproduction. En effet, les premiers jours de printemps ces superbes poissons passent par le détroit de Gibraltar pour se reproduire dans les eaux tempérées de la Méditerranée.La « mattanza » a toujours été une entreprise collective, solidaire, dotée d’une forte hiérarchie à l’image de la communauté et au fil des siècles, les hommes ont dû mettre en commun leurs forces et leurs moyens pour intercepter les grands thons argentés. Son processus commence à terre avec la construction de la « tonnera », un labyrinthe de filets qui demande énormément d’attention. Une multitude de filets devenant progressivement plus petits en taille les guident inexorablement vers le piège final, la « camera della morte » ou chambre de la mort. Toute l’opération est dirigée par un chef, le raïs, c’est lui qui décide quand commencer et conclure l’opération, ouvrir ou fermer les pièges et c’est toujours lui qui donne les ordres aux barques en les disposant de telle façon à faciliter l’entrée des thons dans la chambre de la mort puis de façon à les enfermer dans un carré. Ce poisson fuselé peut peser jusqu’à 800 kg est transporté dans les bateaux et ramenés vers les îles laissant à la mer toute mémoire de ce massacre et rétablir le calme jusqu’à l’année prochaine.

Pendant des siècles, la « mattanza » a représenté la principale sinon l’unique ressource de revenus pour toute l’île, aujourd’hui cette antique tradition rassemble chaque année des centaines de spectateurs

Guidés par des filets, les bancs de thon rentrent dans la chambre de la mort, théâtre d'un massacre barbare. Equipés de lances acérées et de harpons crochus, les pêcheurs plantent sans états d'âme les pointes dans le dos des poissons. Dans une Méditerranée rouge de sang, les thons agonisent dans des souffrances atroces. Jadis nécessité économique, cette tradition devenue un spectacle macabre n'a plus de raison d'exister de nos jours.

 

Nostra Mar, bressola de l'humanitat, sera més guapa sense aquell salvatge bany de sang ! 

Notre Méditerranée, berceau de l'humanlté, sera plus belle sans ce sauvage bain de sang !