L'eau qui gronde

Nouvelles pratiques agricoles.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

            Près de 70% de l’eau consommée au niveau mondial est utilisée par l’agriculture, loin devant les industriels et les particuliers et, dans ce contexte de rareté de la ressource, le développement de nouvelles solutions et pratiques apparaît comme une nécessité pour produire mieux avec moins et, ainsi répondre aux besoins alimentaires de la population mondiale. Pour faire face à ces contraintes qui touchent de plus en plus de régions dans le monde, les solutions innovantes se développent, permettant de mieux gérer les consommations d’eau du secteur agricole. Entre baisse de la consommation et recours aux nouvelles technologies, un tableau de quelques solutions mises en œuvre dans des pays frappés par de fréquentes pénuries.

La Californie (USA) connaît son quatrième été de sécheresse d’affilé et la question de l’eau devient un problème récurrent. Les agriculteurs californiens se mobilisent à travers une initiative volontaire de réduction de leur consommation d’eau. Les exploitants agricoles ont pris conscience de l’importance de la préservation de la ressource après quelques décennies où l’on a consommé l’eau sans compter. Depuis mai 2015, une centaine d’agriculteurs du delta de Sacramento ont ainsi volontairement décidé de diminuer de 25 % leur consommation en eau, afin de prévenir la mise en œuvre de restrictions obligatoires plus conséquentes.

A Lérida en Andalousie (Espagne), l’une d’entre elles permet de mettre en place une irrigation intelligente en apportant à la plante automatiquement l’eau et les fertilisants dont elle a besoin, au bon moment et en bonne quantité. Elle permet aussi l’irrigation  de 250 hectares de vignes. Le logiciel de gestion collecte des données par le biais de sondes placées dans le sol, données qui lui permettent de calculer et déclencher quotidiennement le programme d’irrigation. Ce système d’auto-irrigation permet non seulement de maintenir un niveau de qualité de la vigne, mais également de réduire les coûts en eau et énergie.

En Italie, la ville de Milan a choisi de mettre en place un système de réutilisation des eaux usées pour l’irrigation des cultures, y compris en période de sécheresse. Le procédé repose sur la désinfection par ultra-violets des eaux usées en plus des procédés de traitements classiques, qui assure la maîtrise sanitaire des eaux traitées et autorise leur utilisation en cultures maraîchères. Une technologie qui assure l’irrigation de 22 000 hectares de terres agricoles.

Bien que dans une situation conjoncturelle, la France doit faire face à des séquences de sécheresse depuis le mois de juillet 2015. Un enjeu lié au changement climatique qui incite les agriculteurs à changer leurs usages et leurs pratiques professionnelles, pour faire face aux complications d’approvisionnement en eau mais aussi œuvrer à une gestion raisonnée lorsque le précieux liquide se fait rare. En juillet 2015, des mesures de restriction d’usage de l’eau ont été décrétées dans de nombreux départements français ; des niveaux de restriction variables allant de simple définition de créneaux horaires pour l’arrosage des espaces verts, jusqu’à l’interdiction de prélèvements à des fin agricoles.