Respectez les Pyrénées.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

Aimer les Pyrénées catalanes, c’est aussi les préserver.

Puyvalador en CapcirjpgPuyvalador, pittoresque village du Capcir dans les Pyrénées catalanes enfoui sous une épaisse couverture de neige. 

 

Avant de s'élancer sur les sentiers pyrénéens, un minimum de préparatifs s’impose pour randonner en toute sécurité.

1). Merci d’être attentifs aux réglementations en vigueur dans les parcs régionaux naturels, les réserves et les sites naturels classés.

2). Evitez de partir seul, prévenez toujours un proche de l’itinéraire prévu,

3). Emportez au minimum de 1,5 litre d’eau par personne et par jour, pensez à prendre un sifflet qui peut s’avérer utile pour appeler à l’aide, notamment par temps de brouillard.

4). Si vous ne connaissez pas le site de la randonnée ne partez sans une carte.

5). Rapportez vos déchets, évitez d’emmener des chiens dans une zone pastorale, refermez les portes des clôtures à bétail.

6). Ne dégradez pas les cabanes et autres abris non gardés et, préférez prendre en photo des fleurs sauvages plutôt que les cueillir.

             7). Avant le départ, renseignez-vous impérativement sur la météo et l’état du manteau neigeux, donc s’il y a risque d’avalanches sur le secteur que vous allez parcourir.

Promenade en traîneauUn plaisir immense  de parcourir les forêts des Pyrénées catalanes sur un attelage de chiens de traîneau.

 Dicton du mois : En février, la neige court comme un lévrier.

Observatoire du pic du Midi de Bigorre 03.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

          La création d’une station d’observation avait été envisagée à plusieurs reprises étant donné que le pic, situé à 2872 m d’altitude, avait déjà été dans le passé un site intermittent d’observations scientifiques. Un groupe de personnes, passionnés inconditionnels des Pyrénées, conçoivent le projet de créer un collectif destiné à rassembler les montagnards et à favoriser la connaissance des sommets de la chaîne pyrénéenne, Le principe est accepté et, en 1866, la Société Ramond est fondée. Elle se donne comme objectifs de mieux faire connaître la chaine par des travaux scientifiques et littéraires mais la finalité de l’association a pour ambition de construire un observatoire.Ce n’est qu’en 1873, à l’instigation des membres de la Société Ramond, qu’une station météorologique est installée non pas au sommet mais à l’hôtellerie de Sencours, 500 m environ en-dessous. Le général de Nansouty s’y installe, mais l’hiver 1874, trop rigoureux, l’empêche de mener à bien sa tâche ce qui renforce la décision de construire un véritable observatoire sur le pic du Midi, un peu à l’est de la crête, à 2859 m.

Grâce à des souscriptions du département des Hautes-Pyrénées et de l’Etat, la construction de l’observatoire débutée en 1873 est achevée en 1881 et la Société Ramond le remet l’année suivante à l’Etat français qui en assure depuis le fonctionnement. Charles Vaussenat, le principal fondateur, en sera le directeur honoraire jusqu’à sa mort. L’observatoire deviendra rapidement l’un des plus perfectionnés d’Europe pour l’observation terrestre et l’étude des rayons cosmiques. 

Observotoire du pic du Midi de BigorreLors d'une nuit glaciale au pic du Midi de Bigorre, la "grande roue" de l'observatoire est enveloppée d'une bonne épaisseur de givre. Photo de 1936

 

 

 

 

Les chemins de la mâture.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

Après l’échec d’une première expérience d’exploitation des forêts pyrénéennes décidée dès 1629 par Richelieu, la seconde tentative fut abandonnée en raison des difficultés de transport et de prix de revient de la production. La France change sa politique d’approvisionnement en reprenant le commerce avec les pays de l’Europe du Nord. Mais l’achat de ces bois d’excellente qualité, demeurait soumis aux fluctuations des guerres européennes et aux embargos éventuels des pays producteurs. Désirant assurer l’indépendance maritime de la France, Colbert ordonna la mise en exploitation des forêts des Pyrénées centrales. Le roi de France payait un écu par arbre abattu en application d’un droit de propriété accordé aux habitants des vallées par le roi de Navarre, et maintenu lors de l’union du Béarn à la France, étaient choisis et marqués avant l’abattage.

Un officier de la marine contrôlait les opérations à la tête d’une brigade de 25 bûcherons, des Basques généralement, car les étrangers au pays ne s’adaptaient pas à la vie éprouvante d’un chantier de montagne. Supportant toutes les épreuves, ils se nourrissaient, à midi, de galettes de maïs cuites sous la cendre, et le soir de soupe à l’ortie blanche ou à la mauve sauvage. Ils dormaient dans des cabanes couvertes d’écorces et de branches, n’ayant pour se protéger des morsures du froid d’une couverture de laine pour deux. Malgré la rudesse de cette vie, l’ingénieur note peu de maladies, attribuant ce bon état sanitaire à la salubrité de l’air et à l’eau cristalline des Pyrénées.

Une fois abattus, les arbres dépouillés de leurs branches, étaient descendus vers le chemin sur des glissières de bois aménagées le long des pentes raides, de 300 à 400 mètres de dénivelé. Arrivé au chemin, le mât était chargé sur un engin, nommé trinqueballe, composé de deux essieux sur lesquels le tronc était posé et immobilisé à l’aide de cordes. A l’avant, une paire de bœufs tractait l’attelage, tandis qu’à l’arrière, plusieurs paires de bovins retenaient le trinqueballe et l’empêchait de tomber dans le précipice. Pour retenir les plus grosses pièces, 33 mètres de long et pesant 1,5 tonne, il fallait jusqu’à quinze paires de bœufs. Au plus fort de l’exploitation, en une seule journée quarante trinqueballes transitaient sur le chemin du Pacq pour relier Athas, village situé dans la belle vallée de l’Aspe en Béarn.

Les bœufs achetés sur place étaient nourris et logés dans les granges louées aux paysans de la vallée. Le nombre de granges étant insuffisants la Marine royale dut bâtir une étable pouvant accueillir jusqu’à 60 paires de bœufs et un grenier renfermant 8 000 quintaux de foin.

Pendant trois siècles, les Pyrénées ont fournit à la Marine royale ses plus beaux mâts de vaisseaux. Pour acheminer les beaux troncs destinés à fournir en mât les vaisseaux et bois de marine qui partaient vers les arsenaux de l’Atlantique ou de Méditerranée, il fallut du XVIème au XVIIIème siècle, percer des voies à flanc de montagne, construire des ponts de bois lancés par-dessus les ravins, aménager les rivières pour faciliter le flottage des troncs. Les balafres sont toujours visibles sur les flancs pyrénéens. 

Les_chemins_de_la_mâture.jpgL'emblématique forêt de la Matte en Capcir couvre 260 hectares constitués exclusivement de pins sylvestres qui déclinent en pente douce jusqu'au rivage du lac de Matemale. La forêt intégrée au Parc régional naturel des Pyrénées Orientales est très intéressante au point de vue sylvicole, paysager, écologique et touristique. 

 

Font-Romeu, paradis des Pyrénées.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

        Initialement l’endroit où s’est construite la station de Font-Romeu était sur le territoire du village d’Odeillo. Dans cette contrée, seul l’ermitage Notre-Dame occupait le lieu depuis le XVIIIème siècle au milieu de forêts, de vertes prairies, de champs de pommes de terre et de quelques vétustes étables en bois pour abriter les bovins. A Odeillo, petit bourg pastoral aux maisons paysannes coiffées d’ardoise, blotties autour de l’église, la vie est difficile, comme dans tous les villages de Cerdagne, au diapason de son rude climat. Mais cet espace dominé par le pic du Carlit, son ensoleillement, la pureté de son atmosphère, une vue plongeante sur le plateau de Cerdagne tout en bas et le massif frontalier piqueté de sommets, de cols, blanchis ou verdoyants selon la saison, propose un décor extraordinaire. Ce coin de montagne lumineux est de toute évidence prometteur pour élever une coquette petite ville. Vers 1900, la vocation touristique du site débute. Une fontaine dans la cour de l’ermitage est certainement à l’origine du lieu qui deviendra le nom de la future station : Font-Romeu, la fontaine du pèlerin.

La ligne du Train Jaune est construite pour désenclaver la Cerdagne. Le « canari », surnom du Train Jaune aux couleurs sang et or arrive en gare d’Odeillo-Font-Romeu-Via en juillet1911. En 1913, la Compagnie des chemins de fer du Midi inaugure au-dessus du village le Grand-Hôtel dénommé le « paquebot des cimes » autant pour sa masse, son architecture que pour son luxe. A ses pieds émergent de terre les premiers chalets disséminés dans la forêt de la Calme exposée sur la « soulana ».

Bien avant tout le monde Font-Romeu comprend que le plaisir de glisser sur deux planches ou sur une luge au grand air dans un cadre montagnard fabuleux va devenir un loisir grand public et… lucratif. En 1921, Font-Romeu inaugure ses premières pistes. Le prestigieux Grand Hôtel captive une clientèle internationale aisée. Un train qui ressemble à un jouet déverse en gare d’Odeillo, petit village à deux pas du centre de Font-Romeu, une cohorte de joyeux lurons bruyants et de passagers chargés de skis, de luges, de patins, excités à l’idée de passer une belle journée à la neige et de fous rires sans fin dans la blanche « poudreuse ». L’entre-deux guerres, la station bénéficie d’un incroyable engouement de la part du public impatient d’oublier les années noires, avide d’air pur et de sensations fortes ! Seulement, à cette époque, la descente à ses contraintes… Sous la pression des plus passionnés amateurs de ski, il faudra attendre 1937 pour voir la première remontée mécanique ébranler ses grosses poulies et câbles pour rendre la pratique de ce nouveau loisir sportif plus attrayant. Deux ans de plaisir avant d’observer une longue parenthèse lors de la Seconde guerre mondiale. L’après-guerre voit déferler des skieurs tout schuss venus du Languedoc, de la région toulousaine et les familles les plus aisées de la Catalogne du Sud. Progressivement, la station préférée des catalans acquiert une aura qui la classe parmi les plus huppées de la chaîne des Pyrénées confirmant son immense potentiel. Elle mijote des rêves de grandeur ! Les chalets poussent comme des champignons, s’installent sanatorium et maisons de santé, le four solaire voit le jour en 1962, le complexe olympique d’entrainement en altitude construit en 1967 est prêt pour les Jeux Olympiques de 1968 à Mexico. Depuis le centre accueille les grands sportifs de diverses disciplines lesquels disposent de tous les moyens et conditions optimales d’entrainement. Font-Romeu en 1974 implante sa toute première télécabine qui en compte 62 aujourd’hui. Pyrénées 2000, la station de ski qui décline ses pistes sur l’autre versant mais implantée sur le territoire de Bolquère reçoit une sollicitation de mariage de Font-Romeu pour parfaire une offre plus compléte. En 1987 le contrat devient effectif, Font-Romeu compte 75 % de pistes, Pyrénées 2000 chiffre 25%. Associés, le duo englobe 23 remontées mécaniques desservant 43 pistes auquel il faut ajouter le plus grand parc d’enneigement artificiel de l’hexagone (proportion au nombre de pistes), elles deviennent un domaine skiable parmi les plus importants des Pyrénées.

Dès lors, Font-Romeu et Pyrénées 2000 caressent les rêves les plus fous ! 

Sur un flanc de montagne ensoleillée lui donnant le goût de l'action, Font-Romeu est forcément pionnier : innovant, ambitieux, sportif, jeune. La construction de la ligne de chemin de fer et le "Train jaune" désenclavent la Cerdagne et dans la foulée le luxueux Grand Hôtel est inauguré en 1913. Après la "Grande Guerre", Font-Romeu devient une station de sports d'hiver huppée qui accueille des familles aisées. Le "Grand Hôtel" et sa patinoire en sont le symbole. Photo d'une affiche publicitaire de 1928. 

Flore et végétation du Canigou.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

        Depuis la première excursion botanique organisée le 14 juillet 1891, par Charles Flahault, qui a emmené 25 personnes aux neiges éternelles, en passant par le catalogue raisonné de la flore des Pyrénées Orientales, de Gauthier en 1898 et la carte de la végétation des Pyrénées Orientales, par Henri Gaussen en 1950, 3300 espèces ont été répertoriées sur 2 785,66 m de hauteur et 32 600 hectares du massif, comme le botrychium simplex, découvert en 2010 dans la réserve de Mantet. Le Canigou dévoile des plantes aux noms étranges, la ramonda myconi ou « oreille de l’ours, le drosera carnivore, le nerprun alaterre, le solidago verge d’or, d’autres plus familières, l’immortelle, le lys martagon, le coscoll que chacun connaît pour l’avoir cherché sur les versants abrupts et avoir dégusté ses tiges bouclées, le rhododendron. Ces fleurs magnifiques résistent parfois à des températures extrêmes, telle la potentilla nivalis. Des arbres aux variétés différentes, chênes, pins, bouleaux, hêtres, sapins, abritent à chaque étape de la végétation une flore spécifique qui leur est associée. Cette forêt se transforme avec certaines espèces en recrudescence tandis que d’autres voient leur population diminuer. Evolution incessante liée à la déprise agricole, au climat changeant et à l’exploitation de la forêt.