Thermalisme en Pays catalan.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

      Le thermalisme est une source de développement économique très important dans le département des Pyrénées Orientales. Près de 45 000 personnes viennent chaque année dans le département lequel offre une excellente variété d’eaux minérales naturelles, chaudes ou froides. La vallée du Tech en Vallespir compte 3 établissements : Le Boulou, Prats de Mollo-La Preste et Amélie les Bains dont les thermes réputés accueillent à eux seuls chaque année 28 000 curistes ! La vallée de la Têt abrite en Conflent 2 stations thermales, Vernet les Bains et Molitg les Bains. A cela s’ajoutent des eaux naturellement chaudes et sulfureuses de Llo et Dorres en Cerdagne et les sources de St Thomas les Bains, hameau de Fontpédrouse et de Thuès les Bains en Conflent. Cette eau qui surgit des profondeurs des Pyrénées est une vraie richesse pour le Pays catalan car ce sont des secteurs à fort potentiel et créateurs d’emplois. Ils génèrent de l’activité tout au long de l’année. Le thermalisme fait partie de l’identité de notre territoire, à haute valeur ajoutée pour le massif pyrénéen mais aussi pour l’ensemble des Pyrénées Orientales. Le thermalisme est source de potentiels (santé, recherche médicale, tourisme, emploi) à exploiter dans les prochaines années.

Cinq stations thermales en Pyrénées catalanes rayonnent, la plupart déjà connues des Romains : Amélie les Bains, Prats de Mollo-la Preste, Le Boulou en Vallespir, Vernet les Bains, Molitg les Bains en Conflent, différentes et complémentaires, ont contribué, bien avant le ski, au développement économique des Pyrénées Orientales. Elles sont des fleurons du thermalisme pyrénéen. Hormis leur température, ces eaux possèdent généralement des caractéristiques particulières : gaz, odeur, minéralisation. L’augmentation de température et de pression permet, en effet, la dissolution de sels et de gaz qui vont enrichir l’eau de manière anormale. On peut alors parler d’eaux thermo-minérales. Ces propriétés sont utilisées dans le thermalisme. Les eaux et les boues associées y ont un usage thérapeutique en bains ou en boisson.

Une fois poussées les portes des thermes ce sont partout les mêmes ambiances feutrées, de longs couloirs lumineux aux carrelages luisants, la même panoplie peignoir blanc, tongs, sacs en plastique frappé du logo local, les mêmes emplois du temps : soins le matin, quartier libre l’après-midi et ce pendant 3 semaines, durée immuable de la cure, déjà préconisée par Hérodote au Vème siècle avant notre ère. Au XIXème siècle, l’âge d’or du thermalisme en Pyrénées, s’est développé une véritable culture de la cure dont il subsiste aujourd’hui encore de nombreuses traces. Mais les curistes goûtent toujours un certain « savoir-vivre » de la cure, savant mélange de déconnexion du milieu familial, de climat montagnard, de soins médicaux et de loisirs.

Tout cela n’existerait pas sans l’eau thermale et ses vertus : lentement infiltrée dans les entrailles rocheuses du sous-sol, le ruissellement se charge en chaleur et en minéraux pour ressurgir à la surface au bout de quelques années ou quelques millénaires. L’usage curatif des eaux thermales remonte au moins à l’Antiquité, et les techniques de soins, bain, cataplasme, boisson, inhalation, massage, boue thermale n’ont pas beaucoup changé depuis. Heureusement les infrastructures ont évoluées même si longtemps elles sont restées rudimentaires. Ce qui a beaucoup évolué, ce sont les applications médicales des eaux. Depuis les Romains, on les a utilisées pour soigner les affections les plus diverses, des maladies vénériennes aux blessures de guerre en passant par les affections urinaires, troubles digestifs et autres pathologies. Aujourd’hui, le traitement de la rhumatologie tient le haut du pavé dû au vieillissement de la population, suivie de près par le traitement de l’obésité liée à une trop riche alimentation.

Cependant ce système médical doit faire face aux critiques. Pour certains, l’eau thermale n’aurait pas plus d’effet qu’un simple bain d’eau chaude. Malgré les controverses qui mettent en doute son efficacité, cette médecine conserve ses adeptes, ses mœurs, et ses mystères. Une cure thermale soigne le corps, mais aussi l’esprit du patient, meurtri par le temps qui passe ou des aléas de la vie. Et cela est incontestable ! Pour les professionnels du thermalisme, il est important de démontrer les prodigieux bienfaits de l’eau. La réputation vertueuse des eaux thermales catalanes n’est plus à faire.

Plaisirs aquatiques en Pyrénées.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

Les Pyrénées catalanes et audoises sont une immense réserve d’eau aux qualités diverses et complémentaires : toujours douces et limpides, elles sont naturellement vives, indomptables, furieuses, dormantes, chaudes, fraîches ou minéralisées. Des lacs glaciaires plus ou moins grands créés naturellement par la nature ou des retenues d’eau aux surfaces imposantes construites par les hommes pour diverses raisons, chamboulées en saison estivale en véritables mers d'eau douce permettant toutes les activités aquatiques. 

Le col de Ternère marque l’entrée en Conflent. A partir de cette modeste dépression, la route s’élève graduellement vers les hauts sommets des Pyrénées dont le trajet sinueux est jalonné de réservoirs d’eau qui font sa richesse et sa beauté. Et aussitôt, à droite la vaste retenue de Vinça, réservoir contenant plus de 24 millions de m3 réservés à l’irrigation, à gauche, côté village avec en toile de fond le majestueux massif de Canigou, la plage des Escoumes a définitivement inscrit Vinça en station balnéaire du Conflent. A quelques kilomètres de distance, découvrez à Marquixanes sur les berges de la Têt, la base d’eaux vives pleine nature dissimulée sous une épaisse et luxuriante frondaison. Après le village médiéval d’Eus agrippé sur la colline, l’étroite vallée de la Castellane se faufile jusqu’à 450 m d’altitude pour accueillir la réputée station thermale de Molitg les Bains dans une véritable oasis de verdure ! Pau Casals, le virtuose musicien catalan, fidèle curiste, appréciait les vertus des eaux de Molitg. A Villefranche de Conflent, superbe bastion militaire d’un autre temps, le Cadi gros torrent de montagne vous guide jusqu’à Vernet les Bains niché au pied du Canigou. Au cœur du Parc Naturel Régional des Pyrénées catalanes, accordez-vous une pose « Bien-être » : les eaux de la "Perle des Pyrénées" changeront radicalement votre esprit et votre corps, l’air pur du Canigou fera le reste !

A regret je laisse Villefranche derrière moi, ce sera l’occasion d’organiser plus tard une visite exclusivement consacrée à la merveilleuse citadelle bâtie par Vauban. La route devient plus sinueuse, la montée plus raide. Les imposants bâtiments thermaux de Thués entre-Valls longent la Têt, l’entrée des gorges de la Carança invitent à une randonnée en suivant un torrent sur un sentier vertigineux creusé dans la roche, passerelles métalliques suspendues ou encore pont de singe, jusqu’au refuge et lac du même nom, un site authentique apprécié des randonneurs chevronnés et des pêcheurs de belles truites et saumons des fontaines. Le sillon de la Têt s’approfondit et se resserre entre deux parois rocheuses arborées, où l’on croise des ouvrages spectaculaires comme le pont Séjourné, suspendu depuis plus de 100 ans, mais voilà déjà Fontpédrouse et le hameau St Thomas, perchés à 1150 mètres d’altitude. Les « Bains de St Thomas » réputés pour la qualité de ses sources d’eau chaudes (58° C), sulfurées, bicarbonées, riches en fluor et oligo-éléments. Des sources thermales exceptionnelles qui possèdent des vertus antalgiques, décontractantes, cicatrisantes que son plancton thermal rend légère et douce pour la peau s’expriment dans un amphithéâtre romain : un temple élevé à ciel ouvert dans un environnement dédié à l’eau !

Le requin est un animal cruel et mythique qui ne se trouve

plus guère que dans les eaux basses de la finance.

Philippe Bouvard journaliste et animateur de télévision né le 9 décembre 1929 à Couloummiers (France).

Respectez les Pyrénées.

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Aimer les Pyrénées catalanes, c’est aussi les préserver.

Puyvalador en CapcirjpgPuyvalador, pittoresque village du Capcir dans les Pyrénées catalanes enfoui sous une épaisse couverture de neige. 

 

Avant de s'élancer sur les sentiers pyrénéens, un minimum de préparatifs s’impose pour randonner en toute sécurité.

1). Merci d’être attentifs aux réglementations en vigueur dans les parcs régionaux naturels, les réserves et les sites naturels classés.

2). Evitez de partir seul, prévenez toujours un proche de l’itinéraire prévu,

3). Emportez au minimum de 1,5 litre d’eau par personne et par jour, pensez à prendre un sifflet qui peut s’avérer utile pour appeler à l’aide, notamment par temps de brouillard.

4). Si vous ne connaissez pas le site de la randonnée ne partez pas sans une carte.

5). Rapportez vos déchets, évitez d’emmener des chiens dans une zone pastorale, refermez les portes des clôtures à bétail.

6). Ne dégradez pas les cabanes et autres abris non gardés et, préférez prendre en photo des fleurs sauvages plutôt que les cueillir.

             7). Avant le départ, renseignez-vous impérativement sur la météo et l’état du manteau neigeux, donc s’il y a risque d’avalanches sur le secteur que vous allez parcourir.

Promenade en traîneauUn plaisir immense  de parcourir les forêts des Pyrénées catalanes sur un attelage de chiens de traîneau.

 Dicton du mois : En février, la neige court comme un lévrier.

Observatoire du pic du Midi de Bigorre 03.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

          La création d’une station d’observation avait été envisagée à plusieurs reprises étant donné que le pic, situé à 2872 m d’altitude, avait déjà été dans le passé un site intermittent d’observations scientifiques. Un groupe de personnes, passionnés inconditionnels des Pyrénées, conçoivent le projet de créer un collectif destiné à rassembler les montagnards et à favoriser la connaissance des sommets de la chaîne pyrénéenne, Le principe est accepté et, en 1866, la Société Ramond est fondée. Elle se donne comme objectifs de mieux faire connaître la chaine par des travaux scientifiques et littéraires mais la finalité de l’association a pour ambition de construire un observatoire.Ce n’est qu’en 1873, à l’instigation des membres de la Société Ramond, qu’une station météorologique est installée non pas au sommet mais à l’hôtellerie de Sencours, 500 m environ en-dessous. Le général de Nansouty s’y installe, mais l’hiver 1874, trop rigoureux, l’empêche de mener à bien sa tâche ce qui renforce la décision de construire un véritable observatoire sur le pic du Midi, un peu à l’est de la crête, à 2859 m.

Grâce à des souscriptions du département des Hautes-Pyrénées et de l’Etat, la construction de l’observatoire débutée en 1873 est achevée en 1881 et la Société Ramond le remet l’année suivante à l’Etat français qui en assure depuis le fonctionnement. Charles Vaussenat, le principal fondateur, en sera le directeur honoraire jusqu’à sa mort. L’observatoire deviendra rapidement l’un des plus perfectionnés d’Europe pour l’observation terrestre et l’étude des rayons cosmiques. 

Observotoire du pic du Midi de BigorreLors d'une nuit glaciale au pic du Midi de Bigorre, la "grande roue" de l'observatoire est enveloppée d'une bonne épaisseur de givre. Photo de 1936

 

 

 

 

Les chemins de la mâture.

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Après l’échec d’une première expérience d’exploitation des forêts pyrénéennes décidée dès 1629 par Richelieu, la seconde tentative fut abandonnée en raison des difficultés de transport et de prix de revient de la production. La France change sa politique d’approvisionnement en reprenant le commerce avec les pays de l’Europe du Nord. Mais l’achat de ces bois d’excellente qualité, demeurait soumis aux fluctuations des guerres européennes et aux embargos éventuels des pays producteurs. Désirant assurer l’indépendance maritime de la France, Colbert ordonna la mise en exploitation des forêts des Pyrénées centrales. Le roi de France payait un écu par arbre abattu en application d’un droit de propriété accordé aux habitants des vallées par le roi de Navarre, et maintenu lors de l’union du Béarn à la France, étaient choisis et marqués avant l’abattage.

Un officier de la marine contrôlait les opérations à la tête d’une brigade de 25 bûcherons, des Basques généralement, car les étrangers au pays ne s’adaptaient pas à la vie éprouvante d’un chantier de montagne. Supportant toutes les épreuves, ils se nourrissaient, à midi, de galettes de maïs cuites sous la cendre, et le soir de soupe à l’ortie blanche ou à la mauve sauvage. Ils dormaient dans des cabanes couvertes d’écorces et de branches, n’ayant pour se protéger des morsures du froid d’une couverture de laine pour deux. Malgré la rudesse de cette vie, l’ingénieur note peu de maladies, attribuant ce bon état sanitaire à la salubrité de l’air et à l’eau cristalline des Pyrénées.

Une fois abattus, les arbres dépouillés de leurs branches, étaient descendus vers le chemin sur des glissières de bois aménagées le long des pentes raides, de 300 à 400 mètres de dénivelé. Arrivé au chemin, le mât était chargé sur un engin, nommé trinqueballe, composé de deux essieux sur lesquels le tronc était posé et immobilisé à l’aide de cordes. A l’avant, une paire de bœufs tractait l’attelage, tandis qu’à l’arrière, plusieurs paires de bovins retenaient le trinqueballe et l’empêchait de tomber dans le précipice. Pour retenir les plus grosses pièces, 33 mètres de long et pesant 1,5 tonne, il fallait jusqu’à quinze paires de bœufs. Au plus fort de l’exploitation, en une seule journée quarante trinqueballes transitaient sur le chemin du Pacq pour relier Athas, village situé dans la belle vallée de l’Aspe en Béarn.

Les bœufs achetés sur place étaient nourris et logés dans les granges louées aux paysans de la vallée. Le nombre de granges étant insuffisants la Marine royale dut bâtir une étable pouvant accueillir jusqu’à 60 paires de bœufs et un grenier renfermant 8 000 quintaux de foin.

Pendant trois siècles, les Pyrénées ont fournit à la Marine royale ses plus beaux mâts de vaisseaux. Pour acheminer les beaux troncs destinés à fournir en mât les vaisseaux et bois de marine qui partaient vers les arsenaux de l’Atlantique ou de Méditerranée, il fallut du XVIème au XVIIIème siècle, percer des voies à flanc de montagne, construire des ponts de bois lancés par-dessus les ravins, aménager les rivières pour faciliter le flottage des troncs. Les balafres sont toujours visibles sur les flancs pyrénéens. 

Les_chemins_de_la_mâture.jpgL'emblématique forêt de la Matte en Capcir couvre 260 hectares constitués exclusivement de pins sylvestres qui déclinent en pente douce jusqu'au rivage du lac de Matemale. La forêt intégrée au Parc régional naturel des Pyrénées Orientales est très intéressante au point de vue sylvicole, paysager, écologique et touristique.