Nos Pyrénées

Rafting en Haute Vallée Aude.

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

On se croirait à la base des chutes du Niagara, portant nous sommes bien à Axat sur les gorges de la Haute-Vallée de l'Aude dans les Pyrénées.

            La discipline sportive qui consiste à dévaler sur un radeau les eaux-vives en furie d’une rivière ou d’un gros torrent s’est imposée comme un sport à part entière. Plus connue sous le terme d’origine anglaise, le rafting, les Pyrénées catalanes (Nord et Sud) et audoises recensent plusieurs spots qui se prêtent à merveille à cette activité pleine nature.

Le pittoresque village d’Axat, dans la Haute Vallée de l’Aude, compte un site parmi les meilleurs dans notre région grâce au fleuve côtier l’Aude qui prend sa source au lac Aude à 2 100 mètres dans le massif du Carlite en Pyrénées catalanes. Après une courte pause sur les barrages artificiels du Capcir et du Donnezan, l’eau des sommets poursuit son chemin irrésistible vers les plaines du département de l’Aude et la mer Méditerranée. Son eau froide, oxygénée, limpide et capricieuse accueille une faune et flore riche et diversifiée.

Dans la partie de bras de fer engagée depuis des millénaires, c’est l’élément liquide qui semble l’avoir emporté. Bien que la roche se soit âprement défendue, entraînant l’eau dans d’épuisantes ondulations, l’enserrant dans ses canyons, la laissant rebondir en cascades, la piégeant malicieusement pour la faire rejaillir en aval sur une grosse pierre que le soleil ne réchauffera jamais. Dans ce paysage sauvage et tourmenté, seule l’eau trace sa route patiemment, tout en distribuant ses bienfaits à une flore luxuriante. Après un court détour par l’Ariège, l’impétueux fleuve audois a creusé, les gorges de S-Georges, étroites, verticales et impressionnantes falaises dépassant 200 mètres de hauteur. Dans ce milieu minéral, avec une envergure de 2,80 m, d’un poids de 8 kg 500, le vautour fauve règne, construisant son nid sur les parois verticales !

Parfois soumise, jamais domptée, l’eau gicle, enroule les rochers, tourbillonne, puis s’apaise, reprend sa folle vitesse, tour à tour cristalline ou écumante, salue les rustiques maisons d’Axat longeant le lit du fleuve côtier, avant de s’échapper vers les gorges de la Pierre-Lys en aval. Les gorges d’Alet proposent des descentes. Le corps du sportif participe pleinement, je dirais sensuellement, aux jeux antagonistes de l’ombre et de la lumière, de la chaleur et de la fraîcheur, du silence opaque et le murmure de l’onde bestiale, des arômes de toutes sortes suintant des pores de la terre.L’engouement que connaît aujourd’hui la pratique du rafting est à rapprocher de la vague qui pousse des adeptes toujours plus nombreux vers les sports de montagne, qu’ils soient relativement nouveaux comme l’hydrospeed, le raft, ou traditionnel comme le canoë-kayak. Fortement teinté d’aventure, de nature, de modestie face aux éléments naturels, le plaisir de vivre ensemble et le partage d’une aventure cocasse, le raft permet, tant aux débutants, aux familles, qu’aux sportifs entrainés de goûter à des émotions rares. Sous son aspect ludique, la pratique de Rafting n’est pas sans danger. Quel que soit le niveau des aptitudes, il ne faut jamais perdre de vue que la montagne est capricieuse et même parfois cruelle. A ceux qui se sont sentis, un instant plus fort qu’elle, elle a réservé un sort tragique. Avant toute chose de partir, pour passer une agréable journée, la prudence commande d’interroger les services de prévisions météorologiques locaux.

D’autre part, ne pas négliger la dépense énergétique qu’entraine l’activité sportive sur l’eau : le stress, la marche, le transport du matériel, les chocs thermiques entre la chaleur du soleil et le barbotage en eau froide ; il est donc prévoyant d’anticiper cette déperdition calorique et compenser par des sucres à assimilation rapide (fruits secs, miel, chocolat) car des pratiquants ont été victimes de malaises hypoglycémiques. Les conséquences de telles défaillances peuvent être dramatiques quand on ne peut revenir en arrière et que, obligé de poursuivre la descente, on doit encore affronter les éléments pendant un certain temps avant d’apporter des soins appropriés au souffrant. Bon gré, mal gré, il faut aller jusqu’au bout car les canyons offrent très peu d’échappatoires ! Mais encore se munir d’un sérum antivenimeux. En retour, la nature saura se montrer généreuse, dispensant tout au long de la rivière une griserie, exacerbée par une sensibilité de tout le corps de la plante des pieds à la nuque, puis une fatigue bénéfique où se combinent ivresse de l’esprit et du corps.

En fin d’après-midi, autour d’un verre, chacun y va de son aventure, l’euphorie du débutant côtoyant la calme expérience du « pro ». La nuit tombée, enveloppée d’une fraîcheur bienvenue, les rires et les chants résonnent jusqu’à une heure avancée, jusqu’à ce que les « aventuriers des sports pleine nature » regagnent leur tente ou leur sac de couchage et s’endormir sous la trame envoûtante de milliers d’étoiles illuminant somptueusement le ciel pyrénéen. 

Débouchant du spot, l'embarcation des "matelots" en recherche de sensations fortes, est aussitôt rudement ballotée par les flots déchaînés du fleuve sauvage de la Haute Vallée de l'Aude.