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Observatoire du Pic du Midi de Bigorre 04

Écrit par Super User. Publié dans Nos Pyrénées.

                Depuis sa construction, on parle beaucoup, en France et à l’étranger de l’Observatoire du Pic du Midi de Bigorre. Des milliers de touristes le visitent chaque année. Bien peu d’entre eux savent cependant pourquoi cet Etablissement fut fondé, quelle est la portée scientifique des recherches qui y ont été poursuivies, quelles est la vie des hommes qui y demeurent, des hommes qu’à cette époque on appelait des savants et, enfin quels sont les développements, les projets qui faisaient déjà de l’Observatoire l’un des laboratoires d’altitude les plus importants, et même le plus puissamment équipé dans certains domaines. Mr Gentili qui a travaillé lui-même sur le Pic, raconte sur un livre fort bien documenté l’histoire de l’Observatoire qui court depuis le début de l’aventure pour s’achever en 1954. C’est un résumé assez compact que je vous propose afin de découvrir, une œuvre qui fait honneur à ces pionniers d’une autre époque qui se sont succédé, et qui, par les résultats obtenus ont permis de contribuer à maintenir la France à son rang dans la Recherche Scientifique ! Le Pic du Midi, on devrait l’appeler Pic du Midi de Bigorre et même Pic du Midi de Bagnères-de-Bigorre situé à une quinzaine de km de la ville de Bagnères-de-Bigorre, station thermale réputée, l’une des sous-préfectures des Hautes-Pyrénées. Un sommet de 2 900 mètres, pour un alpiniste, c’est une toute petite montagne, qui ferait figure de colline dans le Massif du Mont-Blanc ; ce n’est même pas un des plus hauts sommets des Pyrénées Centrales où de nombreux pics dépassent les 3 000 mètres. Quelle est donc la raison pour laquelle ce sommet a attiré de tout temps les visiteurs, et, depuis plusieurs siècles, les savants pour les observations scientifiques ? En fait, il y en a plusieurs raisons : son isolement qui en fait un merveilleux belvédère, sa facilité d’accès, la pureté de son ciel. Le Pic fait partie des Pyrénées Centrales mais il n’est pas englobé dans la chaîne principale. Le col du Tourmalet (2 215 m) bien connu des touristes qui s’y rassemblent en foule compacte au moment du Tour de France permet un accès direct et la route Bagnères-Barèges, dite « route thermale », y passe. De ce col partent deux profondes vallée, celle de Gripp et de Luz ; le Pic du Midi se trouve donc détaché en avant de la grande chaîne, comme un éclaireur, ses voisins immédiat sont beaucoup plus bas que lui. D’autre part, le Pic est le premier sommet un peu élevé qui se présente en venant de la plaine, il est donc véritablement isolé de tous les côtés et, l’admirable panorama que l’on peut contempler du sommet est tout à fait comparable à la vue que l’on aurait d’un avion. A l’Est, la vue atteint bien au-delà des montagnes de l’Andorre ; à l’Ouest, elle touche la Rhune, au bord de l’océan, et l’on voit, le soir, briller le phare de Biarritz. Du côté Nord, la plaine, à perte se vue, avec ses villes et villages d’une netteté extraordinaire, ses maisons et ses clochers, son damier de champs multicolores, la Garonne, et ses méandres qui brille au soleil. Au Nord-Est, les sommets de la Montagne Noire distants de 230 km se raccordent progressivement à ceux du Massif Central couverts de neige et brillant merveilleusement à 315 km de distance. Ils ont été du reste photographiés ce jour-là, avec la plus grande netteté, par 2 savants du Pic du Midi, Messieurs Lyot et Camichel.