Méditerranée – Pays Catalan et Languedocien – Canal du Midi

Rapport de l’UINC

Dunes et plages du littoral français de la Méditerranée sont de plus en plus abîmées selon une étude réalisée par le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et l’Office français de la biodiversité et le Muséum national d’histoire naturelle. Les activités humaines mettent en péril la biodiversité exceptionnelle du littoral méditerranéen. Sur les 9 écosystèmes qui constituent les cordons dunaires et les rivages sableux de la région, 7 ont été évalués comme « en danger ou vulnérables » : cela représente 26% du littoral méditerranéen français. Les principaux responsables de la dégradation de ces écosystèmes extrêmement riches sont l’artificialisation du littoral qui s’intensifie depuis les années 1960 et la sur-fréquentation touristique. Les dunes blanches sont particulièrement en danger, nombre d’entre elles ont disparues au profit d’une urbanisation implantée directement en haut de la plage, en particulier sur le littoral du golfe du Lion déplorent les auteurs de cette étude. Les dunes restantes sont en majorité accolées à des parkings, routes et autres zones urbaines qui freinent leur progression. Le piétinement engendré par la fréquentation touristique en période estivale déstabilise également l’organisation des espèces animales et végétales de la dune et accélère l’évacuation du sable par le vent regrettent les chercheurs. L’érosion des plages et les passages fréquents des engins de nettoyage détruisent l’habitat des espèces animales et végétales locales représentent une menace toute aussi significative pour le littoral méditerranéen. Seules les lagunes méditerranéennes, pour le moment, évaluées comme « préoccupation mineure » par l’UINC semblent épargnées par les activités humaines. L’Organisation de conservation note néanmoins que la situation de cet écosystème pourrait se détériorer dans les années à venir, notamment en raison de l’élévation du niveau de la mer et de la progression des espèces exotiques envahissantes.

Source : Comité français de l’UICN. (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Fort Saint Elme à Collioure

C’est le souffle coupé par la beauté du panorama que l’on contemple ce site à 360 degrés : la mer au bleu unique, le vignoble cascadant de terrasse en terrasse jusqu’au rivage de la Méditerranée, la côte édentée de la Côte Vermeille puis de la Costa Brava, les Pyrénées plongeant dans les flots de la Grande Bleue, les tours de guet de la Madeloc et de la Massane qui veillent sur le golfe du Lion depuis le XIIIème siècle, Collioure blotti autour de sa petite baie, Port-Vendres et ses petits et grands navires, le côte sablonneuse s’échappant vers le cap Leucate et au-delà, la plaine du Roussillon butant sur les infranchissables collines granitiques des Corbières gardées par les impressionnants châteaux cathares Une halte au parking du fort St Elme est un lieu incontournable du circuit effectué par le petit train à travers le vignoble de la Côte Vermeille.

Le canal du Midi est un lien entre Toulouse et Sète, en passant par l’étang de Thau, où les péniches, pauvres ou riches, glissent sous un toit végétal. Mais cela c’était avant que s’installe le chancre coloré, un microbe minuscule qui encore aujourd’hui, dévaste les berges du canal en détruisant les platanes centenaires ! Ecluse de Villeneuve les Béziers
Entre étang et Méditerranée Palavas les Flots s’agrandit de jours en jours et les amateurs de bains raffolent de cette petite ville de pêcheurs. Photo vers 1920.

La posidonie en Méditerranée. Toute vie commence par les plantes. En mer, il y a des algues et il y a la posidonie. En effet, la posidonie n’est pas une algue mais une plante à fleurs. Si les plantes à fleurs sont peu nombreuses dans les mers et océans (moins de 60 espèces différentes contre plus de 20 00 visibles à l’œil nu pour les algues) elles jouent un rôle considérable.

La posidonie se rencontre devant toutes les côtes de Méditerranée entre zéro et 40 mètres de profondeur (à l’exception des côtes du Levant : Egypte, Palestine, Liban, Syrie). Elle constitue de véritables forêts sous-marines avec des densités atteignant les 1 000 faisceaux de feuilles par mètre carré et 8 feuilles de 80 cm à un mètre par faisceau. Dédiées à Poséidon, Dieu de la mer, les posidonies fixent les fonds grâce au lacis imputrescible de leurs tiges (rhizomes) rampantes ou dressées qui s’élève lentement : un mètre par siècle ! A la base des édifices constitués de rhizomes et de sable (la matte), il n’est pas rare de trouver des rhizomes morts ayant 5 000 ans d’âge (mieux que le tronc des plus vénérables de nos oliviers) ! Le sol de notre proche littoral est ainsi bien fixé. La végétation luxuriante de cette forêt de posidonie abrite une multitude d’organismes marins : algues et animaux invertébrés se fixent sur les rhizomes ou les feuilles. Les poissons et oursins mangent les feuilles ou les algues fixées sur les posidonies. Les posidonies jouent aussi le rôle d’abri pour les petits poissons menacés par les grands.

La forêt de posidonies est l’oasis littoral qui précède les étendues désertiques vaseuses des grands fonds ténébreux. Cette forêt est très menacée car l’homme habite sur le bord de cette oasis : il bétonne ses abords pour construire des ports de plaisance et, en troublant l’eau par les rejets urbains, il fait mourir par manque de lumière les arpents les plus profonds de la forêt sous-marine. Sur les côtes méditerranéennes françaises, l’effort considérable pour l’épuration des eaux urbaines a rendu, presque partout, la qualité aux eaux littorales.

Les dégâts causés ces 25 dernières années ont cependant entraînés un recul très marqué de la limite inférieure de l’herbier de posidonies qui est remonté de plus de cent mètres par endroits. Ces dégâts mettront…3 000 ans à s’effacer, car la plante ne progresse horizontalement que trois centimètres par an !

On s’efforce actuellement de la transplanter : c’est la seule façon de reconstituer les forêts sous-marines détruites par le passé !

Source : Méditerranée : mer vivante.