Histoires d’eau – Ponts – Viaducs – Barrages – Châteaux d’eau

Pont Suzanne à Quillan

Pont Suzanne à Quillan. Ce superbe pont métallique (bientôt centenaire) surmonté de deux colonnes côté ville fut financé par Mr Jean Bourel patron chapelier afin d’améliorer la desserte de l’usine de confection. Il fut inauguré en 1926 par Mr Gaston Domergue Président de la République française comme le rappelle l’inscription sur la colonne. Son généreux commanditaire lui donna le nom de sa fille, Suzanne.

Création des mers

Les mers et océans ont toujours fasciné nos ancêtres. Cette masse d’eau phénoménale qui s’échoue inlassablement sur les côtes tantôt avec une férocité sauvage, tantôt apaisée et vertueuse, toujours généreuse, est une inimaginable source de légendes et de mythes aquatiques. De merveilleux récits que se racontaient les gens de la mer à la veillée. A quelques détails près, elles s’apparentent chez tous les peuples marins. Un jour une île émergea au milieu de l’océan Pacifique. Pour expliquer ce phénomène une légende raconte que le vieux Morm pêchait lorsque son hameçon accrocha un objet très lourd. Il ne parvenait pas à le hisser hors de l’eau et pourtant ce baroudeur de la mer avait l’habitude d’attraper de grosses baleines. Alors il attacha sa ligne à un pigeon, qui, en s’envolant, tira de la mer, une longue bande de terre. En fait deux grandes îles toute en longueur sur lesquelles des Maoris s’installent amenant leurs coutumes mais ce sont les explorateurs européens qui donnent à cette nouvelle conquête le nom de Nouvelle-Zélande. Aujourd’hui, cette île immense est un pays de grands marins. L’océan était contenu dans un arbre gigantesque, racontent les peuplades Catio que l’on trouve dispersées dans plusieurs régions des Antilles et d’Amérique du Sud. Un jour, un écureuil un peu beaucoup sorcier mit à terre l’arbre originel et, de ses grosses branches jaillirent des fleuves, de ses rameaux des rivières. Puis du tronc s’écoula l’océan, provoquant un véritable déluge ! Les hommes se trouvaient en grand danger d’être noyés, lorsque Caragabi, leur ancêtre mythique vint à leur secours, disposa d’énormes rochers pour endiguer les flots impétueux, ce qui forma les continents actuels. Une légende, que l’on retrouve tout au long des côtes de la Manche jusqu’aux pays scandinaves, nous raconte qu’un capitaine terre-neuvas déroba à un sorcier un moulin enchanté qui obéissait aux ordres pour moudre ce qu’on lui demandait. Arrivé en pleine mer, le capitaine lui ordonna de moudre du sel ; l’appareil se mit en marche, mais son nouveau propriétaire avait oublié la formule qui l’arrêtait. Au bout d’un certain temps, le poids du sel fit couler le bateau au fond de la mer, où le moulin continua et continue toujours son travail ! Pour certaines peuplades du Mississipi, c’est l’écume de la mer qui donna naissance aux continents. Elle s’amassa autour d’une tortue qui nageait et forma ainsi les premières terres. Les Kalmouks, descendants des Mongols, croient aussi que leur sol vient d’une condensation de l’écume de mer. Le dieu japonais Izanaqui survolait les vagues et les sondait de son javelot, à la recherche d’un rocher où se poser. Il fit rejaillir des gouttes d’eau salée dont la cristallisation forma les colonnes qui, croyait-on, soutenaient le monde. Selon les Hurons, Indiens habitant un territoire à cheval sur le Canada et les Etats –Unis, la mer jaillit un jour des flancs d’une immense grenouille qu’incisa le dieu Iskeba afin d’irriguer la terre aride. Pour les Grecs pythagoriciens, elle naquit d’une larme du dieu Cronos. Plutarque croyait qu’elle était la sueur de la terre échauffée par le soleil et expliquait ainsi qu’elle soit salée. Car disait-il à l’origine, l’eau de la mer était douce comme celle

des rivières ; puis quelque chose arriva, qui lui apporta du sel ! Sous d’autres latitudes, d’autres

composantes nous expliquent comment est née la mer. Pour les Mélanésiens, toute l’eau dont l’homme pouvait étancher sa soif se trouvait dans un trou recouvert d’une étoffe afin que le précieux liquide ne s’évapore. Mais deux frères voulurent voir ce que l’étoffe cachait ; ils se disputèrent pour établir qui regarderait le premier, chacun tirant de son côté. Et plus ils tiraient, plus l’étoffe se déchirait, et plus la mer s’agrandissait !

Dans un monde où le rêve n’a plus sa place, régenté par une société matérialiste et blasée, ces histoires du monde du silence sont rafraîchissantes.

Château d’eau du Moulin à Vent

Château d’eau du Moulin à Vent à Perpignan.

Faiseur de pluie à San Diégo

Charles Hatfield, un Américain, est un personnage qui jouit d’une réputation de tombeur de pluie lorsque l’aridité sévit. Depuis plusieurs années à travers la planète, il remplit les lacs, sauve les récoltes en faisant pleuvoir ! C’est à San Diego en Californie qu’il signe son plus bel exploit !

Alors que le niveau du barrage de Morena qui alimente en eau la ville ne cesse de baisser au point d’inquiéter sérieusement les idylles municipales, Monsieur Pluie, en décembre 1915, propose tout simplement ses services. En échange de 10 000 dollars, il s’engage à remplir le réservoir avec l’eau du ciel. Il précise que si la pluie ne fait pas le plein de la retenue, il ne veut encaisser le moindre dollar !

Estomaqués, voire amusés, au premier abord par la proposition du « faiseur de pluie », les notables acceptent car les risques sont, après tout, insignifiants. Mais quel pari ! La contenance du lac est de 60 milliards de litres d’eau, jusqu’à présent seul la moitié a pu être remplie ! Si Hatfield réussit, comme un conseiller municipal le souligne, la commune aura gagné 45 milliards de litres d’eau pour une somme dérisoire : environ 0,002 cents l’hectolitre. Et si la tentative échoue, la ville n’aura rien perdu !

Au matin du 1er janvier 1916, Hatfield se présente au barrage de Morena situé à une centaine de kilomètres de San Diego. Aussitôt il érige une tour haute de 6 mètres au sommet de laquelle il déploie son matériel. Manipulée avec le plus grand soin, il installe une malle vernie qui, paraît-il, renferme une mixture spéciale attirant l’humidité grâce à un processus d’évaporation. Avec ce procédé gardé secret, il commence à : « charmer, courtiser, séduire » pour attirer la clémence des cieux.

Dès le 8 janvier, une averse répond à ses avances. Une semaine plus tard, une pluie ininterrompue arrose la région. Elle tombera à verse encore 14 jours. Pour les habitants de San Diego, ce déluge semble ne pas devoir finir. Les rues sont inondées bouleversant la vie quotidienne : liaisons ferroviaires et route fermées, lignes téléphoniques coupées, eau potable contaminée. Les rivières en crue arrachent les maisons, emportent les ponts et les récoltes.

Un bref moment de répit survient, le soleil apparaît de temps à autre entre les nuages. On commence le nettoiement et les réparations.

Mais le 26 janvier, les nuées réapparaissent. A Morena, il pleut « des cordes » toute la journée ! Aux alentours de minuit, le niveau du barrage progresse de 60 cm par heure. Finalement, il se stabilise à 20 cm du sommet.

Si le désastre est évité d’extrême justesse ici, les régions voisines ont moins de chance. Un barrage a cédé ravageant tout sur son passage. Le paysage est irrémédiablement transformé. Le bilan humain se chiffre à 50 personnes mortes ou disparues.

Le « faiseur de pluie » a tenu sa promesse, le réservoir est plein. Pourtant, lorsqu’il se présente devant le conseil municipal pour recevoir son dû, celui-ci refuse de le payer. Aucun contrat n’a été signé. Rien de plus simple alors aux élus de déclarer que le déluge était un « don du ciel ». A moins bien que Charles Hatfield n’apporte la preuve de son pouvoir sur la pluie, ce qui est impossible ! Nombre de personnes pensent que Charles a été victime d’une injustice mais sa réputation en est sortie grandie. Il est bien le « Grand Maître des nuages » ! Malgré tout, il ne gagnera jamais son procès contre la ville et abandonne la bataille judiciaire en 1938. Maigre consolation, ce personnage restera longtemps dans la mémoire des habitants de San Diego. Lorsqu’en 1948, la ville engage un nouveau « faiseur de nuages », les citadins prennent toutes les garanties et assurances contre une nouvelle catastrophe !

Et cette fois-ci, le contrat stipule que la ville a besoin d’eau, pas d’inondations !

Au fond de l’océan, un trésor convoité

Dans la mer des Caraïbes, il y a un peu plus de 300 ans, un navire de la flotte espagnole, le San José, a été coulé en 1708 par la flotte britannique près du port colombien de Carthagène. Il ne fut certes pas le premier, ni le dernier à subir un tel sort au cours des siècles d’affrontements qui ont eu lieu lorsque l’Europe se partageait le monde, mais ce navire avait cela de particulier que ce jour là il transportait dans ses cales un trésor inestimable. En effet, son butin est estimée à 17 milliards de dollars et comprend notamment des pièces d’or, des lingots d’or et des bijoux.

Le navire fut construit dans le port de Mapil à côté de San Sébastien. Le galion équipé de plus de 60 canons, figurait parmi les navires de guerre les plus puissants de la flotte espagnole. Sur les 578 marins de l’équipage, seuls onze ont survécus.

Ce n’est pourtant que récemment qu’un robot téléguidé a pu fournir des images d’une grande qualité au niveau de l’épave. Ces images ont permis de déceler un canon fabriqué à Séville en 1655, un service de table chinois intact et la coque de deux autres navires datant probablement de la guerre d’indépendance de la Colombie qui s’est achevée en 1816.

L’épave du San José repose par 940 mètres de profondeur mais cela n’a pas empêché la conduite de campagnes d’explorations sous-marines. La grande question est maintenant de savoir si cette épave est dans un état trop mauvais pour être remontée dans les prochaines années.

L’épave localisée en 2015 et le butin qu’elle recèle sont au centre d’une bataille diplomatique entre la Colombie, l’Espagne et la Bolivie qui revendiquent chacun un droit de possession. Selon Madrid qui en demande la propriété exclusive, il s’agit d’un « navire d’État» qui appartient à l’Espagne, la Colombie revendique l’épave qui se trouve dans ses eaux territoriales et la Bolivie rappelle que se sont ses ancêtres qui ont été contraints d’extraire l’argent de son sous-sol.

La Colombie a obtenu le droit sur ce patrimoine dont l’emplacement exact est farouchement gardé secret par les autorités du pays.

De rudes et longues batailles juridiques et diplomatiques en perspective dans les instances internationales de la mer…

Le Deepstar fut construit en 1965 pour la recherche océanique. Ce genre d’équipement a contribué largement à développer la connaissance des fonds marins dans les océans les plus profonds. La géologie sous-marine a également accompli de très grands progrès.

Libérons l’eau de son entrée en Bourse pour qu’elle deviennent un bien commun public mondial.

Il est temps d’agir

C’est dans les océans que serait apparue la vie sur Terre, il y a 3,5 milliards d’années ! Aujourd’hui encore, ils jouent un rôle primordial dans le maintien de la vie sur cette planète en captant d’énormes quantités de carbone, en absorbant la chaleur atmosphérique en trop et en produisant de l’oxygène. Pourtant leur avenir est compromis, parce qu’ils sont en première ligne face au changement climatique et les océans sont ceux qui en subissent le plus directement les conséquences. Ils absorbent à eux seuls 22 % du CO2 créé par les activités humaines et 90% de l’excès de chaleur générée justement par ce dioxyde de carbone.

Depuis 1993, le réchauffement des océans a ainsi plus que doublé dans le monde et les canicules maritimes se multiplient. Elles sont désormais deux fois plus fréquentes qu’il y a quarante ans. Les conséquences de ce réchauffement sont dramatiques. A commencer par la capacité des océans à fabriquer de l’oxygène. Grâce au phytoplancton et au phénomène de photosynthèse, les océans produisent en effet la moitié de l’oxygène de la planète, plus que toutes les forêts de la planète réunies. Mais une hausse des températures altère ce processus. Capter toutes ces quantités de carbone modifie, en outre, la composition chimique de l’eau et conduit à une acidification des océans. Au cours des 250 dernières années, depuis le début de l’ère industrielle, l’acidité a augmenté de 30% et le phénomène empire. En plus des facteurs climatiques, les océans sont également confrontés à une pollution grandissante. La pollution du plastique avec ses 150 millions de tonnes de déchets plastiques dérivent dans les océans. Des déchets qui mettent plusieurs années à se décomposer, sans jamais totalement disparaître. Ils se désagrègent en micro-pastiques, de minuscules débris invisibles à l’œil nu mais qui continuent à polluer les espaces marins. A lui seul le plastique affecte 1 400 espèces marines et tue 100 000 mammifères marins. Moins connue, la pollution des océans par les fertilisants de type azote phosphoré est tout aussi grave. C’est elle qui est la première responsable de la création de zones mortes à des profondeurs comprises entre moins 200 et moins 800 mètres. Ces dernières années les zones mortes se sont multipliées. Depuis 1950, leur surface s’est agrandie de 4, 5 millions de km2. Malgré le rôle crucial qu’il joue dans la régulation du climat et les menaces qui pèsent déjà sur son avenir, l’océan continue d’être exploité au-delà du raisonnable. La Chine, l’Espagne, l’Italie, la France et le Japon sont, dans l’ordre, ceux qui pêchent le plus. Cette pêche est si intense que dans certaines parties du globe elle a contribué à la disparition de certaines espèces dans leur milieu. Les techniques de pêche non responsable tuent également un grand nombre d’espèces prises accidentellement. Une gestion plus raisonnée des ressources marines, une drastique diminution des émissions de gaz à effet de serre et un élargissement des zones protégées sont prioritaires pour tenter d’éviter la disparition de la vie dans les océans.

Le pont du Gard en 1930

Le Pont du Gard, majestueux ouvrage érigé par le Romains, il y a plus de 2 000 ans. Le plus haut du monde avec 49 m, il ne cesse d’émerveiller tous ceux qu’il le contemplent. Niché dans son écrin de verdure d’une richesse et diversité exceptionnelle, cet aqueduc-pont monumental superbement conservé est une des plus belles constructions antiques de la région. Depuis toujours il attire les amoureux d’histoire et d’archéologie, les amateurs de belles pierres et est aujourd’hui l’un des monument les plus visités de France. L’aqueduc jette ses 3 niveaux par dessus le capricieux Gardon, petite rivière qui coule sous l’immense ouvrage romain, long de 275 mètres. Photo vers 1930.

Celles, renaît de ses cendres à Lac de Salagou

N° 01. Celles, le bourg romantique. Depuis les hauteurs des collines rougeâtres, le romantique village de Celles déserté par les habitans depuis 50 ans reçoit de nombreuses visites amicales. Photo de 2021.

Amitié millénaire

Depuis la nuit des temps, les hommes qui connaissaient la mer se sont aperçus que le dauphin outre sa naturelle beauté, un rictus coquin, sa facilité à jouer, possédait une intelligence bien supérieure à ses congénères marins. Il n’a jamais été nécessaire d’apprivoiser le dauphin pour qu’il devienne l’ami de l’homme.

Les textes les plus anciens font état de cette amitié. Pline l’Ancien, qui vécut au 1er siècle de notre ère, de l’an 23 à l’an 79, rapporte dans son « Histoire naturelle » plusieurs cas de naufragés secourus par des dauphins. D’autres auteurs de l’Antiquité ont écrit des situations semblables.

Par la suite, ces faits ont été parfois contestés, jusqu’à ce que des récits irréfutables aient prouvé l’amitié du dauphin à l’égard de l’homme ce n’est pas qu’une légende parmi tant d’autres.

Pendant la féroce guerre en mer de Corail en mai 1942, 6 aviateurs américains abattus par la DCA d’un porte-avion japonais, désespérés sur leur radeau de fortune, virent arriver des dauphins qui commencèrent à pousser du nez l’esquif vers la côte invisible au-delà de l’horizon. Le fait a été mentionné dans un rapport officiel de la Marine des Etats-Unis.

En 1956, un dauphin apparut au milieu d’un groupe d’enfants qui jouaient au ballon dans l’eau, tout près de la plage d’Opononi, en Nouvelle-Zélande. Il se mêla à leur jeu, revenant plusieurs jours de suite et finalement se laissa chevaucher par une fillette de 13 ans. Plus proches de nous, le 26 septembre 1969, une scène surprenante s’est déroulée au large de Cannes en Méditerranée. L’équipage du thonier « Coriandre » aperçut sur la mer un cercle d’une vingtaine de dauphins, visiblement agités. Le patron mis le cap sur cette réunion et, une femelle vint à la proue du bateau, poussant devant elle son petit qui paraissait agoniser. Un jeune de 20 ans dont je tairais le nom, étudiant en médecine et passager du « Coriandre », plongea et alla saisir le petit dauphin que la mère lui abandonna sans difficulté. Le nouveau-né respirait à peine, et l’étudiant vit qu’il présentait une malformation de son évent. Il pratiqua sur lui une respiration artificielle que l’on peut dire un bouche à bouche mais hélas c’était trop tard et le bébé dauphin mourut. Le lendemain, lorsque le « Coriandre » reprit la mer, une vingtaine de dauphins l’attendaient au large de Cannes. Ilse mirent à l’escorter, jouant devant l’étrave, plongeant et reparaissant dans le bleu de la Méditerranée.

En 1960, dans l’ex URSS, la chasse et le massacre des dauphins étaient sévèrement punies par la loi. Le Dr Serguei Klesnenberg a écrit que la loi de protection a été promulguée « à cause de l’attachement étonnant que les dauphins portent aux hommes et parce qu’on peut considérer comme énormes les perspectives de collaboration des dauphins avec l’homme marin ».

De son côté le naturaliste anglais John Z.Young écrit quelques années plus tard : « une mystérieuse sympathie attire le dauphin vers l’homme. C’est l’expression d’une nostalgie millénaire, celle d’un temps où hommes et dauphins vivaient côte à côte.

Le plus surprenant est qu’il n’a jamais été nécessaire d’apprivoiser le dauphin pour qu’il devienne un ami plurimillénaire de l’homme.

L’intelligence du dauphin n’est plus à démontrer. Peut-être qu’il a compris que l’homme horrible exterminateur d’espèces comme la sardine, la daurade, le hareng, le thon, le phoque ou la baleine épargne sa famille pour diverses raisons.

La science aidant, dans quelques décennies les spécialistes confirmeront ou pas cette hypothèse !

Oui tu es agréable et gentille avec moi, le public fantastique mais tu sais j’aimerais davantage parcourir la Méditerranée avec mes semblables, le bassin est plus vaste et puis tu sais la liberté n’a pas de prix ! Cliché environ 1960.

Le pont transbordeur de Marseille

Pétrole plus eau égale richesse

Aucun Bédouin ne pouvait imaginer que sous les sabots des dromadaires crapahutant paisiblement sur le sable roux du désert, se camouflaient depuis des millénaires dans les entrailles de la Terre deux trésors.

Ce conte de fée débute en 1930 par la découverte de champs de pétrole. Quatre fois grand comme la France, l’Arabie Saoudite possède dans son sous-sol les plus grandes réserves mondiales de cet or que l’on dit noir ! A la fin de la Deuxième guerre mondiale, la demande de cette ressource fossile explose à travers la planète. Ce premier miracle propulse subitement l’Arabie Saoudite au rang des plus puissantes économies de l’Orient.

Les engins de travaux publics tissent une toile d’araignée de bitume sur des centaines de kilomètres au milieu de contrées arides parsemées de derricks à la recherche de nouveaux gisements. Le chameau a laissé la place aux véhicules 4X4 transportant rapidement main d’œuvre et matériel d’un point à l’autre du pays. Les multinationales financent des milliers de kilomètres de tubes géants. De chaque puits du désert, ils font couler le pétrole jusqu’aux raffineries du golfe Arabique

Ce fantastique événement provoquera le second miracle. En 1954, 3 ingénieurs français décèlent à 1200 mètres de profondeur une incroyable richesse, plus fabuleuse encore que le liquide noir et visqueux. Une rivière souterraine d’eau douce longue de plus de 1 000 km et large de 40 km. De l’or encore mais celui-là est dit bleu ! Celui qui répand la vie !

Aussitôt le gouvernement saoudien exploite rationnellement ce don du ciel pour mettre en valeur un sol aride à partir des oasis existantes. Peu à peu les tribus bédouines qui constituent une population importante deviennent sédentaires car elles n’ont plus le besoin de se déplacer en permanence avec les troupeaux dans le désert à la recherche des puits et des pâturages. Très pauvre depuis des millénaires, les habitudes ancestrales disparaissent, c’est déjà de l’histoire ancienne.

A présent nomades et paysans produisent dans le sable et la rocaille, des légumes. En plein désert les arbres poussent et les fruits mûrissent.

Sans transition cette population passe du Moyen-âge au XXI° siècle ! En Arabie Saoudite le pétrole coule à flots, les pétrodollars aussi !

Au pays des mines du roi Salomon, ce ne sont plus les caravanes de chameliers qui transportent l’or !

Réservoirs d’eau sphériques

Château d’eau avec réservoir sphérique. A plus de 25 m du sol. Cette forme de réservoir permet une contenance supérieure à celle d’un réservoir cylindrique de type ancien. photo de 1965.