Notre Méditerranée

L’or blanc autour de Narbonne.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

Le salin de La Palme (Aude) est reconnu depuis l'Antiquité.

Le salin de La Palme avec plus de 400 hectares est l'un des principaux site de saliculture de l'Aude. Le stock de sel est disposé en "camelles" c'est à dire en gros monticules. Au premier plan l'étang de La Palme, haut lieu des sports de glisse (kitesurf, windsurf etc).

         Autrefois, Narbonne était une ville romaine prospère, au carrefour de deux importantes voies de communication, la Via Domitia qui enjambe les Pyrénées par le col du Perthus, dessert la Catalogne puis file vers le sud de la péninsule espagnole et la Via Aquitania qui mène vers Toulouse, la capitale du Languedoc et au-delà vers la Gascogne, l'Aquitaine et Bordeaux. 

Le salin est une zone humide et un milieu naturel très riche avec de nombreuses variétés de plantes et espèces d’oiseaux comme la sterne, la bécasse, le bécasseau chevalier, le gravelot et le flamant rose.

Entourée de vastes lagunes, le littoral de la « Narbonnaise » possède les conditions climatiques naturelles pour la culture du sel : une faible pluviosité, un soleil généreux et flamboyant secondé par un vent soufflant presque en continu, le Cers (tramontane), toujours sec et la forte salinité de la Méditerranée. Jadis, le sel était un produit très recherché, lié à de nombreux usages quotidiens, pour la conservation des aliments, pour l’élevage des bovins, plus tard pour la fabrication des peaux.

Dès le XIème siècle, les salines de la région de Narbonne sont les plus actives de toute la façade maritime. Le premier site construit est celui de Mandirac, au bord de l’étang de Bages-Sigean, suivent ceux de Sigean et de Peyrac de Mer. Aménagés en « chaudoirs » (tables salantes) où s’effectuent la concentration des eaux et en bassins salants où les cristaux de sel très légers se déposent sont séparés par de petits canaux, nommés aiguilles. La forte salinité, l’évaporation intensive provoquée conjointement par le vent et le soleil, des étangs peu profonds reliés à la mer par des graus sont autant de conditions favorables à la culture du sel. La récolte fait l’objet d’un transport jusqu’aux greniers à sel de Narbonne situés dans le quartier du Bourg (autour des Halles) qui contribue ainsi à la puissance de la ville. Ils sont exploités par de riches marchands urbains de la capitale de l’Occitanie.

La gabelle désigne l’impôt sur le sel dès 1316 mise en place par Philippe VI. Supprimé à la Révolution, elle fut remplacée par un impôt perçu directement sur les lieux de fabrication.

Il est exceptionnel de pouvoir observer encore sur le littoral audois cette aventure quotidienne du sel, de regarder les grands tas de sel stocké, les camelles, qui marquent le paysage depuis tant de générations. Des paysages entre nature et culture.

L’histoire du sel a de beaux jours devant lui, encore alimentée par les deux salins audois, celui de Gruissan et celui de La Palme. Dommage que celui de Sainte Lucie à Port la Nouvelle soit fermé, mais peut-être va-t-il ressusciter bientôt. C’est tout le mal qu’on lui souhaite !