Notre Méditerranée

Berceau des loisirs.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

          Autour de la « medius terrae », la mer au milieu des terres, se sont propagées au fil des siècles les plus brillantes civilisations. Dans son ciel pur, les étoiles ont guidé les navigateurs antiques vers la découverte des rivages occidentaux.Les conquérants Crétois, Egyptiens, Mycéniens, Phocéens, Phéniciens, Turcs, Arabes, Grecs et Romains ont construit, à l’embouchure des fleuves, des ports qui servaient à la pénétration des pays et le long du rivage de la Méditerranée ont installé des comptoirs. Les vestiges grecs et romains sont encore visibles dans notre région à Narbonne, Agde, Roses, La Escala, Barcelona, ou Tarragona. Des routes maritimes sont tracées sur cette mer parsemée d’îles, ce qui a facilité le cabotage et la navigation. Le climat particulièrement favorable à l’épanouissement  de la vie humaine, à la flore et à la faune, avec ses printemps vivifiants, ses étés secs et chauds, tempérés par la brise marine, ses automnes doux et hivers tièdes attirent commerçants, intellectuels, artistes. La Méditerranée fut la plaque tournante idoine pour divulguer l’esprit et la pensée du monde ancien. Puis, les unes après les autres, toutes les civilisations se sont endormies dans l’éternité de l’Histoire laissant à l’Occident leur culture et leur immense savoir. Perpétuellement le monde se métamorphose. D’autres populations sont attirées par ce grand espace bénie des dieux. Venues de pays aux climats moins cléments, ce sont des peuplades qu’on dénomme les touristes ! Ils ont découvert la douceur de vivre au soleil de la Méditerranée. Tout au long de l’année ils ont rêvé aux longues plages de sable doré, de criques sauvages, de calanques aux eaux cristallines comme un diamant. Aux premières chaleurs de juin, la transhumance s’active, allant crescendo jusqu’au mois d’août. Des millions d’estivants s’installent sur 30 000 kilomètres de côtes ensoleillées. Chacun trouve autour de lui ce qu’il recherche. Le farniente sur les plages de sable ou de galets, le délassement au bord d’une petite crique, la clarté d’îles aux senteurs d’iode pur, une plongée sous-marine écologique ou une sortie nocturne. Bien d’autres activités sont possibles. Peut-être même, qu’un vieux marin, la figure mangée de barbe blanche, d’un revers de main débarrassant l’horizon des luttes silencieuses pour piéger le poisson à une époque où au milieu de tant de misère et de laideur halant sur les manouvres car leur vie et celles de leurs familles en dépendait. Un fabuleux héritage en perdition car hommes et bateaux ne sont plus que poussière. Ces photos jaunies puissent-t-elles les sauver de l’oubli. Pour ces hommes formés à la rude école, de leur gré ou souvent de force, la mer est le seul métier, le seul refuge.La majesté de la mer et du ciel met en valeur les silhouettes rudes, vigoureuses, cahotantes des bateaux de pêche récoltant la moisson de la mer. On peut presque sentir les mains gercées des pêcheurs sur les câbles rugueux et la toile raide. Mais ces hommes étaient de la race de ceux qui menaient les grands cotres de course.

La merveilleuse lumière méditerranéenne marie les styles disparates. Elle irradie d’un bonheur de vivre éclatant et plonge les rivages parfumés dans une euphorie enchanteresse. Dans les ports où tout l’hiver l’angoisse succède à l’espérance. Dans l’éternel été du Midi, où ports et criques se rôtissent au soleil. Les paysages ont gardé la simplicité et la pureté ancestrale. Ils sont truffés de vestiges historiques grandioses.Les bateaux de pêche et leurs équipages étaient là avant son arrivée et après qu’il eut disparu. C’était de grands bateaux, robustes avec leur coque noire à cette époque, et construits aussi lourdement que des églises de campagne pour durer plus d’une génération.