L'eau qui chante

Le poisson local est très bon !

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui chante.

A Port-Barcarès, le poisson est démaillé et trié au bateau puis exposé à la vente sur l'étal. 

Un étal de poissonnerie achalandé des richesses de la mer, poissons et autres ressources, bénéficient d’une image saine et naturelle. Ce n’est pas le fait du hasard. En Languedoc (Gruissan, Agde), en Roussillon (Port-Vendres, Le Barcarès) ou sur la Costa Brava (Roses, La Escala, Sant Faliu de Guixols), les petits métiers pratiqués en mer ou les lagunes sont une tradition, un savoir-faire ancestral souvent transmis de génération en génération. Plus qu’une profession, un véritable art de vivre en communion avec une nature où l’eau, le soleil et le vent, éléments, oh combien naturels, sont des compagnons de tous les jours.

Pratiquée dans la zone côtière des 3 milles nautiques par des bateaux souvent inférieurs à 12 mètres, les techniques de cette pêche artisanale sont variées : le filet droit ou le trémail, la palangre, les casiers ou nasses, les « capechades » ou les pots à poulpes.

Selon la saison de nombreuses espèces sont pêchées : merlus, rougets, maquereaux, galets, sars, dorades, loups de mer, sardines que l’on pêche à quelques miles de la côte méditerranéenne.

En fin d’après-midi, lorsque l’astre solaire s’éclipse derrière les Pyrénées et que la météo présente de bonnes conditions, les gens de la mer naviguent pour aller poser les filets. La journée finit tard et commence tôt car à 3 ou 4 heurs du matin, il faut retourner relever les filets, rejoindre le port, trier le poisson et commencer la vente. Des commerçants de proximité comme les autres qui vendent directement, sans intermédiaire, le poisson du jour à l’étal, là où ils habitent avec une devise : des produits locaux de qualité au juste prix. Juste prix avec de la qualité et de la fraîcheur, la marchandise  locale des petits métiers obtient un franc succès dans tous les petits ports et poissonnerie de la région et cela est une belle reconnaissance pour les paysans de la mer. Et une des dernières marchandises plutôt saine, sans pesticides, ni antibiotiques. Bref des poissons bien frais qui feront les délices de tous les palais une fois sur la table combinés avec un bon vin de pays.

Et quand le contact avec la clientèle est terminée, il faut nettoyer le matériel de vente, les filets, entretenir le bateau et son matériel. A la fin du mois les 35 heures sont largement dépassées mais c’est un choix de vie et nul ne s’en plaint. Les pires moments sont quand les filets sont vides; la règle est simple, pas de poissons, pas de revenus. Il y a des périodes fastes, d’autres sont plus compliquées, l’important est que sur une année, l’artisan des mers soit récompensé à la hauteur de ses rudes efforts.

Les pêcheurs durs au travail jouent un rôle essentiel dans l’économie locale, le tissu social, le patrimoine maritime et l’environnement. Demain, comme chaque matin, le petit pêcheur sera devant son étal pour vendre le poisson frais. Le client tiendra le bon plan pour manger des produits de notre mer, des produits  sains et achetés au juste prix. Si la vente directe c’est bon pour les petits métiers et les pêcheurs locaux, c’est bon aussi pour l’acheteur !

Ces hommes et ces femmes écrivent un nouvel art de vivre qui réconcilie le travail, favorise la biodiversité, respecte la ressource, gère l’économie durable et honore l’environnement naturel, en l’occurrence la mer, garde-manger phénoménal mais extrêmement fragile.

Dans une nouvelle page, je vous raconterais la pêche à l’étang, qui est aussi un petit métier, avec son poisson emblématique : l’anguille !  

 

Le monde est notre mer, notre coeur en est le rivage.

Proverbe chinois.