Action éco-citoyenne

Overdose de plastiques.

Écrit par Super User. Publié dans Action éco-citoyenne.

            C’est un euphémisme de dire que dans toutes les mers d’Europe les détritus s’entassent au fond et plus sournois, invisibles à l’œil nu, flottent à la surface des micro-fragments. Une étude menée en Méditerranée par l’Ifremer est accablante : en Europe, 41 % des déchets sont composés de matière plastique. Notre région, le golfe du Lion affiche un taux de plus de 70 %. Au total, l’Ifremer note 500 millions de déchets en plastiques dans les fonds méditerranéens, et 250 milliards de micros plastiques en surface, soit près de 600 tonnes. Les causes sont clairement identifiées : d’une part la surpopulation sur le littoral méditerranéen, d’autre part au large, dans les fonds marins, c’est l’activité de la pêche qui produit le plus de déchets, certes moins de plastiques mais davantage de filets et matériel lié à l’activité pélagique. Deux arguments qui n’expliquent pas tout un éminent scientifique d’Ifremer. Il ajoute, la Méditerranée est une enclave, les déchets s’accumulent et en sortent très difficilement, la seule ouverture est le mince détroit de Gibraltar. Les eaux entrantes sont toujours en surface, tandis que les eaux sortantes se situent à plus 100 mètres de profondeurs. Les déchets en surface ne peuvent descendre et restent donc en Méditerranée. Au fil des ans, toutes les « saletés » se sont entassées sur le plancher de la mer. Ici, il n’y a pas de marées, peu de brassage. Et pendant très longtemps il n’y avait pas de stations d’épuration ! Les conséquences sont plurielles. Les gros déchets représentent un risque direct pour certaines espèces : oiseaux, poissons, tortues s’y empêtrent ou étranglent.

Du côté de Barcelona, les chercheurs ont pu bénéficier d’images grâce à des sous-marins, au large de Blanes. Du côté du littoral français, c’est essentiellement à bord de chalutiers que les chercheurs ont pu constater l’ampleur des dégâts.