L’eau embouteillée.

Écrit par Super User. Publié dans Tribune Font del gat.

                Le monde enchanté de l’eau en bouteille n’est pas le dernier poisson d’avril à la mode. Bien au contraire, depuis près de 50 ans la consommation de l’eau en bouteille n’a cessé malgré un prix excessivement cher comparé à celui de l’eau du robinet, et malgré le fait que les pays industrialisés actuellement les plus consommateurs, assurent la distribution d’une eau potable de qualité très contrôlée. Le marché de l’eau en bouteille est devenu un produit de grande consommation lorsque les contenants sont devenus jetables. Mêlant les fantasmes et les préjugés sur l’eau, la communication a su faire de l’eau embouteillée le secteur le plus dynamique de l’agro-alimentaire en jouant avec nos peurs et en puisant dans l’imaginaire collectif sur l’eau, naturellement riche.

Il y a une mode à boire de l’eau « naturelle » ou de « source ». La plupart des consommateurs tendent à croire que ces eaux provenant de sources, lacs ou rivières ont des vertus quasi magiques et une forte valeur nutritive. Cette idée est complètement fausse. L’eau en bouteille peut contenir de petites concentrations de minéraux tel que le calcium, le magnésium ou du fluor mais c’est aussi le cas de la plupart des eaux distribuées par les municipalités ou les compagnies délégataires privées.

Dans les régions méditerranéennes les volumes d’eau embouteillée consommés par les habitants sont de 30% inférieurs aux standards nationaux. A contrario dans la région Nord seuls 31% des habitants déclarent boire habituellement l’eau du réseau public.

A l’image de sa nature fluide, l’eau s’infiltre partout, dans l’économie, la géopolitique, l’écologie, la physique et la chimie, la littérature, l’histoire, les arts, etc… Elle a permis la naissance de la vie, lui est indispensable et accompagne le développement des civilisations.

La tendance a commencé à se renverser en raison de la crise économique mais aussi des puissants mouvements de contestation qui se sont développés notamment en Amérique du Nord, principalement  au Canada, contre une industrie qui apparaît à bien des égards comme une aberration écologique et sociale. Mais les grandes entreprises mondiales de l'agro-alimentaires ne sont pas prêtes à "lâcher" ce filon aquatique doré où les dollars coulent à flots, amplement suffisants pour financer une publicité pour le moins aguicheuse ! 

Le petit paysan disparaît.

Écrit par Super User. Publié dans Tribune Font del gat.

                Les petits paysans à travers le monde sont les premières victimes du changement climatique, même s’ils ont peu contribué à ce changement. Aujourd’hui le réchauffement provoque des sécheresses extrêmes, des catastrophes et des intempéries qui détruisent les cultures ou provoquent l’érosion et l’infertilité des sols. 

Beaucoup abandonnent leurs terres pour les bidonvilles ou l’exil. D’autres luttent contre l’accaparement des terres et de l’eau par l’agriculture industrielle qui génèrent l’appauvrissement des sols, les pollutions et la perte de biodiversité animale et végétale. L’agriculture conventionnelle gagne du terrain, la biodiversité régresse, la vie rurale s’éteint, le réchauffement s’accroît, la faim et la malnutrition avancent. Pourtant une autre alternative existe. L’agriculture paysanne est une solution durable au nord comme au sud qui réconcilie l’homme et la nature. Dans tous les continents, les savoir-faires garantissent une alimentation saine et une production écologiquement durable respectueuse de la biodiversité. Les paysans utilisent des écosystèmes avec respect tout en améliorant naturellement leur productivité. De son activité dépend une économie locale qui permet l’éducation, la santé, l’émancipation économique des femmes et l’emploi en milieu rural. Ces pratiquent limitent l’utilisation d’engrais et pesticides, préservent la fertilité des sols, la biodiversité, et approvisionnent des villes et campagnes. L’élevage est essentiel à la subsistance des familles. Les œufs, le lait, la viande constituent un apport nutritionnel de qualité. Les animaux jouent également un rôle  important pour les labours, le transport et la fertilisation des sols, le petit élevage (volailles, petits ruminants, porcins...) est une source de revenus et les « gros animaux » constituent une capitalisation.

Les instances nationales et internationales doivent favoriser une prise en compte des besoins des paysans face au changement climatique. Et il y a urgence, un milliard d’hommes souffrent de la faim !

Dans les pays dits "riches" mais qui le sont de moins en moins, l’agro-industrie est en mauvaise santé, il est nécessaire de changer un système à bout de souffle. Il n’est pas question de retourner en arrière ou de revenir à la bougie, mais de se rappeler que le but final de l’activité économique n’est pas de multiplier les euros ou les dollars mais d’augmenter la « joie de vivre  ».

Démontrant ses limites, la déesse « Croissance » a tiré sa révérence. La sortie d’une économie de croissance n’implique pas l’austérité, mais la sobriété.

Miser sur l’agriculture biologique respectueuse de l’environnement, c’est miser sur l’avenir.

La Terre est en danger !

Écrit par Super User. Publié dans Tribune Font del gat.

Le premier avertissement du monde scientifique avait été lancé par 1 700 scientifiques (dont la majorité des lauréats de prix Nobel de sciences) en 1992 à l’issue du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro au Brésil. Ces signataires avaient appelé les gouvernements à prendre des mesures radicales. Depuis 25 ans force est de constater que peu de choses ont changé. Les analyses, déjà inquiétantes en 1992 se sont aggravées, souvent plus vite que prévu ! Le deuxième avertissement vient de paraître dans la Revue Biosciences le 13 novembre 2017. Un Appel signé par 15 364 (quinze mille trois cent soixante quatre) scientifiques (biologistes, physiciens, spécialistes des océans, ingénieurs, astronomes, agronomes ect…) de 184 pays qui lancent un appel sur la dévastation de la planète. Le constat fait froid dans le dos, mais grâce aux chercheurs il a le mérite de s’inviter dans le débat public au niveau mondial. L’Appel établit (sur des bases scientifiques) que les indicateurs de la « mauvaise santé » de la Terre sont multiples :

1). L’eau douce, ressource vitale à toute vie sur Terre, a chuté de moitié par habitant en 60 ans.

2). Les forêts ont perdu 1,2 milliard de km2, principalement la forêt en Amazonie et au Congo.

3). Les émissions de gaz à effet de serre battent des records.

4). Les températures grimpent de manière exponentielle activant le réchauffement climatique.

5). L’extension de la pêche industrielle transforment les océans en désert sous-marin.

6). La démographie mondiale explose : plus 35% en 25 ans.

7). 58% est le taux de déclin des populations de poissons, d’amphibiens, de reptiles, d’oiseaux et de mammifères entre 1970 et 2012.

8). Les inondations, les sécheresses, les tsunamis, les ouragans s’intensifient avec plus de puissance.

Tant de facteurs difficiles à contrôler face à des comportements et habitudes de l’Homme, néfastes depuis des décennies. Préserver les richesses naturelles :

1) Privilégier la mise en place de réserves connectées entre elles, correctement financées et correctement gérées, destinées à protéger une proportion significative des divers habitats terrestres, aériens et aquatiques (eau de mer et eau douce).

2) Préserver les services rendus par la nature au travers des écosystèmes en stoppant la conversion des forêts, prairies et autres habitats originels.

3) Restaurer sur une grande échelle les communautés endémiques et notamment les paysages de forêts.

4) Ré-ensauvager des régions abritant des espèces endémiques en particulier des supers prédateurs afin de rétablir des dynamiques et processus écologiques.

5) Développer et adopter des instruments politiques adéquats pour lutter contre la défaunisation, le braconnage, l’exploitation et le trafic des espèces menacées.

Près de 1 000 scientifiques français, toutes disciplines confondues, ont signé l’appel. Les indicateurs sont passés à l’écarlate s’inquiète un chercheur français, et le pire est que l’on ne voit pas le bout du tunnel ajoute-t-il.

Parmi les mesures encouragées :  la limitation de la reproduction humaine en diminuant drastiquement le nombre d’enfants par femme dans certaines régions du monde à travers une sensibilisation et un meilleur accès à la contraception. •

Le passage à une alimentation essentiellement végétale ; la production de viande étant une des plus polluantes et gourmandes en eaux et végétaux. •

La réduction drastique de notre consommation en énergies fossiles (pétrole). 

La lutte contre les inégalités de richesse afin de rétablir un système et un écosystème plus justes et équitables.

Les scientifiques concluent leur déclaration par un appel à tous les hommes : nous devons prendre conscience, aussi bien dans nos vies quotidiennes que dans nos institutions gouvernementales, que la Terre, avec toute la vie qu’elle recèle, est notre seul foyer. 

Conclusion personnelle mais chacun peut avoir la sienne. Je conclurais que dans ce message pédagogique fort, ils dressent un bilan plus qu’alarmiste, tant à destination des politiques que des citoyens ! Que faut-il de plus pour que le grand public et les décideurs, face à la gravité de la situation, agissent avec les moyens appropriés. Pourtant le message est clair et il y a urgence ! Seront-ils entendus ? C’est une autre histoire !

Les perturbateurs endocriniens, c’est quoi ?

Écrit par Super User. Publié dans Tribune Font del gat.

                Un pesticide est une substance chimique utilisée pour lutter contre des organismes considérés comme nuisibles. L’intérêt des pesticides de synthèse débute dans les années 1930. La Seconde Guerre mondiale active les recherches par la mise au point de gaz de combat.

Les perturbateurs endocriniens sont d’abord des pesticides dont « cide », mot d’origine anglaise, signifie « tuer ».

La France est le premier pays utilisateur de pesticides par rapport à sa surface agraire. D’après une étude, une réduction de 30 % serait possible dans notre pays avec des changements de pratiques importantes sans toutefois bouleverser les systèmes de production. Pour information j’ajoute que les quantités de pesticides augmentent régulièrement dans le monde depuis 60 ans.

Les fongicides, herbicides, insecticides sont les plus connus car utilisés principalement dans l’agriculture mais on les retrouve, en moindre quantité, dans de multiples usages. Chaque groupe chimique produit des métabolites, résidus plus ou moins dégradables, se retrouvent massivement dans la nature. Tous les perturbateurs endocriniens sont à l’origine des pesticides ! Utilisés et répandus en grande quantité ces déchets se retrouvent comme polluants de l’environnement contaminant la nourriture terrestre ou aquatique et toutes les eaux. Suivent les plastiques, les composés chimiques, les métaux lourds, les nanoparticules, qu’on découvre au fil des jours dans presque tous les produits comestibles. Dans la chaîne alimentaire s’instaure le cycle infernal des perturbateurs endocriniens jusqu’à leur arrivée dans l’assiette de l’homme.

Le problème est dramatique car les conséquences sur l’humain touchent les fœtus puis les nouveau-nés, les enfants, les adultes et les personnes âgées. Les perturbateurs endocriniens et les produits cancérigènes modifient l’équilibre, les défenses immunitaires et le développement du système nerveux. Il est primordial de protéger les femmes enceintes. Si on touche au fœtus il y aura inévitablement des conséquences sur l’enfance et la vie d’adulte. Il conduit aussi à l’infertilité.

Il devient urgent de prendre conscience de toute l’ampleur du phénomène. Les chercheurs, encore une fois, tirent la sonnette d’alarme depuis 20 ans, il serait enfin sage de les écouter. Les perturbateurs endocriniens et les pesticides ne sont que de véritables bombes à retardement.

Développer le bio, c’est faire face à cette contamination. L’agriculture biologique doit être mise en place, être encouragée par le pouvoir politique pour que la filière bio s’amplifie le plus rapidement possible pour apporter des solutions concrètes afin d’éviter, demain, un scandale sanitaire.

 

C’est près de l’eau que j’ai le mieux compris

que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant

qui sort des choses par l’intermédiaire d’un rêveur.

Extrait de l’essai « L’eau et les rêves » de Gaston Bachelard, philosophe français des sciences et de la poésie,

né à Bar sur Aube le 27 juin 1884 et décédé à Paris le16 octobre 1962

Ressource aquatique : stop à la gaberie !

Écrit par Super User. Publié dans Tribune Font del gat.

Pétition UFC-Que choisir publiée le 17 octobre 2017. 

Ressource aquatique, stop à la gaberie !

Les études officielles soulignent que la disponibilité et la qualité de la ressource aquatique se dégradent depuis de nombreuses années…Nous, consommateurs qui avons été trop largement à contribution, refusons la fuite en avant alors que des solutions simples, concrètes et efficaces existent et coûteraient en moyenne 3 fois moins chères que les traitements actuels de dépollution.

Les constats : une eau raréfiée et polluée !

84 départements ont connu des restrictions d’eau cet été, dont 37 en situation de « crise », l’échelon le

plus élevé.

1,9 million de consommateurs ont été exposés à une eau polluée par les pesticides agricole en 2014 et 2016.

L’accès à une eau de qualité pour des Français se fait au prix de coûteuses dépollutions.

Une responsable : l’agriculture intensive.

L’agriculture intensive accapare 80 % de la consommation nette estivale de l’eau, et la moitié de la consommation annuelle. 

L'agriculture intensive est la pricipale responsable des pollutionsde la ressource aquatique à hauteur

de 70 % pour les pesticides et 75 % pour les nitrates.

Une complice : la politique de l’eau archaïque et injuste !

Les aides publiques encouragent essentiellement l’agriculture intensive et insuffisamment les modèles agricoles moins consommateurs de pesticides, d’engrais et d’eau.

Les agences de l’eau consacrent à peine 30 % de leur budget à la prévention, qui est pourtant leur mission principale.

Les consommateurs payent via leurs factures d’eau des taxes « consommation » et « pollution » en lieu et place des principaux préleveurs et pollueurs !

Notre demande.

Dans le cadre des Etats Généraux de l’Alimentation dont l’objectif affiché est de promouvoir une alimentation saine et durable, nous réclamons une réforme urgente de la politique de l’eau avec une application stricte du principe de justice « préleveur-pollueur-payeur », la mise en place de vraies mesures de prévention et une aide à la reconversion des pratiques agricoles vers des cultures moins consommatrice d’eau et de pesticides.

Pour une ressource aquatique de meilleure qualité et moins chère, une agriculture durable valorisée : nous ne voulons pas juste une politique de l’eau, mais une politique juste de l’eau.

L’eau qui chante apporte un soutien total à la pétition

à l’initiative de UFC-Que choisir.

« Ressource aquatique : stop à la gabegie »