Puits naturels au Mexique.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

   Dans la région du Yucatàn au Mexique, les cenotes sont des puits naturels remplis d’eau douce. En Catalogne et Languedoc, la comparaison peut se faire avec le gouffre de l’Oeil Doux dans le massif de la Clape ou de la Font d’Estramar à Salses ou certains avens dans les Corbières.

La présence de la cité de Chichén Itza est due à la présence de 2 puits naturels qui constituent un trésor inestimable dans cette région dépourvue d’eau. La cité maya doit son nom à cette source : chi signifie bouche, chén puits et itza sorcier de l’eau en maya yucatèque. Le Cenote sacré de Chichén Itza est un grand puits naturel de 60 mètres de diamètre et 20 mètres de profondeur. Il est devenu un important lieu de pèlerinage et de dévotion religieuse pour la population. Lors de son exploration, on y a découvert des offrandes de valeur, de bijoux, d’objets divers en or ou en argent.

La légende raconte que des ossements de femmes et d’enfants se trouvent au fond de la cavité car en période de grande sécheresse les Mayas sacrifiaient solennellement aux aurores des vierges pour apaiser Chac, le dieu de la Pluie. Il arrivait parfois qu’une victime réussisse à se maintenir à la surface. Considérant que le dieu avait épargné cette victime, on descendait, à midi, une corde dans le puits pour hisser la miraculée sur la terre ferme.

Pour une ville située dans une région frappée régulièrement par la sécheresse, il était logique d’accepter en échange de la pluie, source de vie, des cœurs humains. Les rituels de sacrifices humains choquèrent profondément les conquérants espagnols et leurs missionnaires. 

Dhioliba le Père des fleuves.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

En traversant 5 pays, le fleuve Niger est une grande artère de l’Afrique. Ce n'est pas par hasard s'il est appelé le"fleuve Dieu". 

                De sa source au delta, le Niger s’écoule à travers la forêt, la savane et le désert sur 4 184 km. Pour les populations riveraines, le Niger est le Dhiolida, le « Père des fleuves ». Symbole à la fois de force bienfaisante et redoutable, il détermine par l’importance des crues les bonnes et mauvaises récoltes. Il est l’unique moyen d’existence des tribus Bozo, Sorko et Somono qui se partagent les zones de pêche, les pirogues voguant à la perche sur plus de 1 500 km. Parfois au retour, il manque des pêcheurs et des embarcations renversés par des troupeaux d’hippopotames ou de crocodiles.
Les religions ancestrales des génies perdurent sur les berges de Dhioliba. Les populations célèbrent cette onde le long des berges par des sacrifices de sang. Au pays Dogon, la danse rituelle des génies l’honore au rythme des tam-tam. Les danseurs portent des masques d’antilopes, de lapins ou d’autres animaux.
Au-dessus d’une nappe de nénuphars flottants, deux paumes ouvertes sortent de l’eau, l’Issa Koï, le maître du fleuve, immergé pendant plus d’une longue minute, est en train de devenir poisson.
Rien ne distingue cet homme de tous les pêcheurs dont les villages s’échelonnent tout au long du Niger dans le pays de Gao. Rien, si ce n’est que sur son passage tous ceux qui vivent de l’eau s’éloignent avec un respect un peu craintif, rien si ce n’est le seul qui ne pêche pas. Il se contente d’approcher des pirogues pleines pour y prendre, comme bon lui semble, tout le poisson dont il a besoin. Sa case est un peu à l’écart des autres, il se mêle peu aux autres villageois, qui lui font secrètement visite. Ils le craignent comme celui qui dispense à son gré la prospérité ou le malheur : personne n’oserait marcher sur l’ombre de l’Issa Koï, le maître des pêcheurs, le « Do », celui qui plonge dans l’eau. Sans doute ses ancêtres habitaient-ils là bien avant que les migrations aient installé le peuple Sorko sur près de 2 000 km de fleuve. Il tient son pouvoir de son père et le lègue à son fils ; sa puissance est absolue dans tout ce qui touche l’eau. Personne n’est témoin des gestes qui lui assurent cette royauté, mais chacun sait qu’il apaise ou déchaîne à son gré les génies du fleuve, qu’il commande les troupeaux d’hippopotames, et qu’il lui suffit de prononcer certaines formules pour qu’aussitôt les crocodiles sortent des profondeurs et glissent sur la rive au simple son de sa voix. Si quelque objet précieux a été perdu dans le fleuve, il en connaît aussitôt la place exacte ; il peut s’il le désire, ordonner aux poissons de venir dans la main qu’il aura désignée et qui n’aura plus qu’à se refermer sur eux, ou au contraire les faire fuir pendant des semaines loin de tout filet. Et lorsque les troupeaux franchissent l’eau à la nage, c’est lui qui leur désigne la route en jetant du lait dans le courant. Il ne peut parler aux génies que s’il est changé en silure, le seul poisson qu’il ne mange jamais.
Les deux mains dressées restent là où il allait redevenir un homme. Une pirogue qui approchait pour la cueillette des graines de nénuphars fait prudemment demi-tour. Puis le charme s’évanouit, l’Issa Koï surgit du fleuve jusqu’aux reins, glissa à l’extrémité de sa pirogue et reprit vers la ville sa cadence puissante de pagayeur. Les pêcheurs pouvaient partir tranquilles, un silure qui ressemblait maintenant à un homme avaient su apaiser les génies des eaux. Par le geste le groupe des Sorko venait de confirmer dans un système de forces collectives qui marque en propre sa place dans l’ensemble de l’univers.
Ce n’est pas par hasard que le Niger, fleuve symbole de l’Afrique, est appelé le « fleuve dieu !

La montagne c’est le territoire des dieux, le fleuve celui des hommes.

Alain Rey, lexicologue français né à Pont du Château le 30 août 1928.

Anne-Toussainte de Volvire.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

De famille noble, Anne-Toussainte est née le 1er novembre de l’an 1653 à Néant sur Yvel dans le Morbihan, décédée dans la même ville en 1694. Encore adolescente, un accident dramatique bouleverse sa vie. 
Amourachée d’un jeune roturier du voisinage, son père s’oppose à cette liaison prétextant le modeste rang de son amoureux. En 1670, le jour de ses 17 printemps, la jeune fille a failli perdre la vie au cours d’une chasse à courre. Effrayé par le son du cor et les aboiements des chiens, son cheval s’emballe et s’écrase dans un ravin. Dans sa chute, elle réussit s’agripper une branche d’arbre, sa vie est suspendue à la résistance de l’arbuste, la chute étant fatale. Traumatisée, apeurée, en attendant les secours, elle fait le vœu de consacrer sa vie à Dieu si elle a la vie sauve.
Témoin du drame, le jeune roturier éconduit n’écoutant que son courage accourt et tire la jeune fille de ce mauvais pas. Le père heureux de serrer dans ses bras sa fille, enthousiasmé par le sang-froid et la bravoure du jeune homme consent alors le mariage. Mais c’était mal connaître la droiture d’Anne-Toussainte qui respecta sa promesse. Elle entre en religion chez les Visitandines et se consacre aux malades et aux déshérités. Sur le dos d’un âne, parfois accompagnée, parfois seule, elle chemine de village en village, s’arrête ici pour panser une plaie, là pour distribuer une aumône, plus loin pour offrir un sourire à un enfant déguenillé, là-bas partage une prière qui réchauffe le cœur.
Malheureusement, elle décède après 20 ans passés à soulager la souffrance des malades, la pauvreté des gens humbles et faire le bien sur cette Terre ravagé par la misère et les maladies.
Le jour de l’inhumation d’Anne-Toussainte se produit un événement miraculeux. La légende raconte qu’après l’office religieux à l’église, le convoi funèbre mené par des bœufs marque un arrêt à l’écart du village sur le chemin du cimetière. A l’ébahissement de la famille, des proches et de la population accompagnant le corps de la défunte pour la mise en terre, en ce lieu, une source limpide et abondante jaillit de terre. Un vrai miracle perçu comme un ultime adieu venant du ciel ! La bonté de cette sainte lui vaut d’être inhumée dans le carré des gens pauvres, mais toujours honorée du respect et de la reconnaissance populaire, ses cendres sont placées dans un tombeau au cœur de l’église du village.
Depuis le XVIIème siècle les "nécessiteux" mais aussi la population el les pèlerins vont à cette fontaine dont ils estiment que l’eau possède des vertus divines et curatives en raison de son jaillissement « miraculeux ». A l’époque on vient de loin pour obtenir des grâces et les invocations sont parmi les domaines les plus variés.
Aujourd'hui encore, cette fontaine continue de recevoir la visite de pèlerins. Pour preuve que cette source est toujours fréquentée, les fleurs renouvelées à longueur d’année et les plaques votives avec les dates de leur déposition sur le marbre de la fontaine, un marbre posé en 1881. 

Vénérée de tous, Anne-Toussainte de Volvire devient la sainte de Néant sur Yvel, son village natal. 


Néant sur Yvel est un pittoresque et petit village comptant 990 habitants situé à proximité de la forêt de Paimpont dans la région de Bretagne.

Biscuit de mer.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

              Jadis la vie à bord des navires était extrêmement rude et précaire. Au fil des mois, voire des années, les expéditions maritimes se transformaient en aventure. La discipline, l’inconfort, les tempêtes, l’hiver et surtout la maladie provoquée par l’absence de vivres frais dans l’alimentation journalière sapaient le moral des marins. Mal nourris, les hommes affaiblis par le scorbut perdaient au bout de quelques jours leurs dents, étaient exténués et souvent mouraient. En l’absence de système de conservation, il était difficile de maintenir longtemps la fraîcheur des provisions embarquées.

Peu chère, peu encombrante, une galette très dure constituait un élément de base pour les aventuriers au long cours. Le biscuit que nous mangions n’était pas du pain, témoigne Pigafetta, un fidèle compagnon de Magellan, mais une poussière mêlée de vers qui avaient mangé toute la substance. Et, lorsque le biscuit n’est transformé en miettes, c’est à peine mieux : cette galette est si dure qu’il faut la casser à coups de marteau, et la mettre à tremper pour obtenir une sorte de bouillie. Mais l’eau que l’on puise au « charnier » grouille d’animaux, elle aussi, et comme dit le second de Magellan, elle est putride et puante. Dans les dures conditions qui président au premier tour du monde, les officiers ne sont pas mieux traités que les matelots. Magellan lui-même donne l’exemple : il se condamne à de plus grandes privations que le reste de l’équipage. Pour les explorations de très longue durée sur les mers et océans, la solution était d’aménager sur le pont un parc réservé aux animaux vivants pour embarquer cochons, chèvres, moutons, volailles. Pour les missions de la Marine nationale française, Richelieu fait construire en 1638 le splendide vaisseau « La Couronne » long de 70 mètres, dont le parc pouvait contenir quantité de moutons, volailles ou lapins, sacrifiés en haute mer pour procurer des vivres frais et améliorer l’ordinaire. Il est vrai qu’il fallait nourrir 643 hommes et 3 cuisines, toujours fumantes afin de préparer les repas des officiers et des matelots. Au milieu du XVIIIème siècle, les pratiques commencent à changer même si les cambusiers embarquent des barils pleins d’haricots blancs, du lard salé, de la viande en conserve. C’est bien suffisant pour les hommes s’esclaffent certains.

Mais un anglais, navigateur-explorateur et cartographe reconnu, James Cook, lui, a une autre idée. Il veut que ses marins soient en bonne santé. Il charge les cales de nouvelles denrées telles que  la choucroute, la bière, des céleris, des herbes médicinales et des animaux vivants de manière à varier les menus. Il donne des ordres accueillis encore par des ricanements : les marins doivent se laver, changer régulièrement de vêtements, les postes d’équipages seront aérés 2 fois par semaine. Les matelots ont l’habitude de vivre sales dans de vieux habits. Pourtant la discipline, l’amélioration de l’alimentation, la propreté des hommes et des vaisseaux renforcent naturellement le moral des troupes. Les mesures imposées par James Cook portent leurs fruits : sur ses navires, le scorbut devient une maladie inconnue. Vingt ans plus tôt, sur les 691 marins d’une expédition autour du monde, 686 étaient morts du scorbut ! Et les pirates comment faisaient-ils me demanderez-vous ? La méthode des pirates est plus radicale lorsque les vivres commencent à diminuer, la provision est rétablie par l’abordage d’un navire marchand en haute mer ou par un pillage en règle d'un village sur la terre ferme ! 

 

L'humanité ne manque pas d'eau,

elle manque d'eau potable.

Guide-baigneur.

Écrit par Super User. Publié dans Histoires du monde.

Les cabines roulantes de plage tractées par des chevaux permettaient aux femmes et aux hommes de la haute bourgeoisie de pouvoir enfiler et enlever le maillot de bain à l’abri des regards indiscrets. Cliché vers les années 1900.

       Pendant des siècles, les médecins envoyaient les patients au bain dans une station balnéaire. On ne se baignait pas pour le plaisir mais pour se soigner. La mer est là, mystérieuse, fascinante, rythmée par les marées, elle est là mais ignorée ! Au début du XIX° siècle, les familles aristocratiques, la haute bourgeoisie parisienne et européenne éprouvent le désir de s’évader des grandes villes. Ils apparaissent de plus en plus nombreux sur les plages les plus proches de Paris, Dieppe ou Trouville en Normandie. Le chemin de fer élargira le cercle des destinations. Un tempo de vie reposant, ponctué d’interminables balades familiales sur la plage où les vagues déferlent sur le sable. La pêche à pied sur la grève jonchée de trous d’eau égaye les après-diners tandis qu’une brise vivifiante et parfumée d’iode venant du grand large balaie le littoral et rougit les joues de ses messieurs-dames. Un bleu profond s’étale jusqu’à la ligne d’horizon en haute mer, épelle la grâce de ce paysage rutilant illustré de chalands voilés de blanc. Au soleil couchant, sur le ponton, la foule attend le retour des bateaux de pêche. Autre distraction prisée : contempler la mer lorsque cette dame fascinante frappe avec force et obstination une côte déjà déchiquetée. Un spectacle à la fois effrayant et somptueux ! Les pêcheurs aux visages burinés par le soleil et les embruns, préoccupés à arracher non sans mal, les ressources de l’océan, attisent la curiosité des gens de la ville. Un chapelet de paysages inédits sécrétant des émotions nouvelles de bien-être physique et moral. Avec cette nouvelle passion pour le grand air et l’océan, il y a de bonnes affaires à faire. Ainsi Deauville, hameau habité de quelques de fermes, naît par la volonté d’un richissime homme d’affaires. Les affairistes comprennent que cette population aisée a besoin d’établissements hydrothérapeutiques luxueux : bains chauds ou froids, d’eau de mer ou douce, avec ou sans varech. Les vacances à la mer peuvent commencer. De nouveaux commerces et métiers émergent, notamment le « guide baigneur », l’ancêtre de notre maître-nageur. C’est lui qui accompagne la gent féminine dans l’eau, parfois aussi les hommes. Ce sont des gars jeunes et costauds originaires du village, surtout des marins pêcheurs, qui connaissent bien les plages et le milieu maritime. Ce métier saisonnier exige de grandes qualités : sens des responsabilités, bonne moralité, charisme et surtout une grande discrétion. Ils plongent, tiennent la main, aident à rentrer et sortir de l’eau, ils sont témoins des émois et des ébats de ces dames aux manières mondaines. Chacun à sa place, le monde est différant ! Le guide baigneur peut être dédaigné par l’ensemble de cette clientèle argentée et exigeante. Certains sont cotés et portent avant le bain un uniforme : veste et pantalon bleus, chemisette marinière rayée, casquette de marin. Un métier plus difficile qu’on ne le croit car il exige de rester dans l’eau froide de l’océan pendant 7 ou 8 heures. De vieux loups de mer surveillent à bord d’une barque de sauvetage la zone de baignade. Il est hors de question d’être vu, surtout les femmes, en costume de bain. Les baigneurs et baigneuses s’installent dans de petites cabines montées sur une charrette ; un attelage tire jusqu’à ce que l’eau arrive presque au moyeu. On ouvre la porte et à l’aide du marchepied la cliente descend douillettement dans l’eau. A cette époque les hommes se baignent en gilet-caleçon, ce qui leur permet de nager. Ce n’est pas le cas des femmes qui portent un pantalon long, très souvent en laine et corsage assorti, bonnet de toile et sandales. Par-dessus, un jupon couvre la taille, les hanches et le haut des cuisses. Harnachée de la sorte, elle ne peut que barboter soutenue, heureusement en surface, par le dévoué « guide-baigneur ». Une trempette rapide et elle rejoint la cabine pour se changer et se frictionner. Vers 1900, il est de bon ton de disposer d’une cabine louée pour la saison. On s’y change, on y entrepose épuisettes, serviettes, peignoirs et chaises longues. Lorsqu’il n’existe pas de cabine, la plage est divisée en 3 zones : hommes, femmes, familles. La pudeur est de mise pour tous ! Les tenues, inconfortables, évoluent par la force des choses. A la fin du XIX° siècle, les audacieuses arborent un ensemble en coton plus léger, souvent rayé mais avec l’incontournable bonnet. A l’entame du XX° siècle, le pantalon jusqu’au genou est de mode mais se cache encore sous une ample tunique. En 1920, Coco Chanel déboule bruyamment, fait la révolution à la grande joie de toutes les femmes. L’étoffe s’économise, la femme se libère, au diable la vertu !

   Femmes, hommes, enfants, il fallait beaucoup d’étoffe pour les maillots de bains vers 1900. Le maillot de bain ne cessera de fondre au soleil. Le bikini « une-pièce » est encore encombrant, le string aussi, d’autres économisent le textile, pratiquent le nu intégral qui rapproche, paraît-il, de la nature. En 2016, un progrès faramineux, une simple ficelle et un morceau de tissu gros comme 3 flocons de neige suffisent ! Ainsi soit-il !