Catastrophes écologiques.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

           Inondations, sécheresses, épisodes caniculaires, feux, frappent trop souvent la faune et la flore. Lorsque les températures montent, il y toujours quelque part un feu qui embrase, ici ou là, un pan de forêt sèche ou une étendue de taillis broussailleux qui peuvent être dévastateurs et dramatiques. Ce fut le cas en Empordà en 2012.

Les végétaux ont évolué au gré des désastres, les espèces sont armées pour survivre aux épreuves naturelles. Dans les habitats les plus exposés, les arbres ont développé des stratégies de survie.

Du sol fertilisé par les cendres émergent bientôt des pousses. La vie animale revient rapidement dans les zones dévastées par les incendies. Les crues sont tout aussi fécondes. La plupart des plantes supportent d’être immergées quelque temps, et bien des animaux peuvent échapper aux eaux en nageant. Pour compenser, ils reçoivent du limon qui régénère les sols, ce qui est excellent pour les végétaux donc pour les animaux.

Les sécheresses sont beaucoup plus dévastatrices, car la vie a besoin d’eau. Des espèces se sont pourtant adaptées aux milieux les plus arides, parvenant à trouver le liquide vital même dans le désert. Il semble finalement que de tous les êtres vivants, c’est l’homme qui souffre le plus des catastrophes naturelles. Marées noires, énergies fossiles, pluies acides. Pourtant leur capacité de survivre à ses horribles catastrophes est une des forces remarquables de la Nature. Les espèces sauvages pourront-elles faire face à l’impact croissant des activités humaines sur la Terre ?

La marenda.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

        La "marenda" est un mot catalan venu du latin "maritima". C’est l’espace aux limites fluctuantes où se rencontre la terre et la mer. Il évoque un territoire rocheux ou parsemé d’étangs, d’embouchures de rivières, de marais et de plaques de sel, la "salobre". Il est impropre aux cultures et laissé à l’état "naturel". Sur la côte sablonneuse, seuls les "artmanos" y trouvaient les subsistances pour vivre en pratiquant la pêche artisanale et la chasse au gibier d’eau. Au bord de l’eau ils édifiaient des « barracas » dont les armatures étaient en bois flotté, les murs et le toit constitués par des bottes de sanills, les roseaux de l’étang. Pour la jeunesse du village, la Marenda était un lieu plein de mystères et c’est en bande qu’ils l’exploraient. Ils frissonnaient au bruit furtif d’un reptile dérangé dans son bain de soleil ou aux cris d’effroi d’un oiseau inconnu caché avec ses petits dans les hautes herbes. Après cette leçon de sciences naturelles, il fallait rentrer bien avant la nuit car au coucher du soleil, les nuées de moustiques assoiffés de sang surgissaient des endroits humides. Dans les rues les gens tentaient de les faire partir en brûlant du bois dont la fumée incommodait les insectes piquants. Sans tramontane et malgré les moustiquaires, la nuit devenait animée car le moustique s'il a une qualité c'est bien celle d'être extrêmement têtu ! 

    A partir des années soixante, avec l’aménagement du littoral, la "marenda" a changé d’aspect après une impitoyable campagne de démoustication. Toutes les mares et points d’eau stagnante sont comblés ou éradiqués. Il reste quelques espaces préservés comme le Mas Larrieu à Argeles, au cap Béar, Paulilles en Pays catalan, Gruissan en Languedoc, au cap de Creus sur la Costa Brava qui permettent de retrouver la "marenda" d’autrefois.

La Mattanza.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

Dans un rituel ancestral, les thons sont piègés, la tuerie débute. Ainsi des animaux sauvages et exceptionnels qui depuis la nuit des temps viennent procréer en Méditerranée meurent dans des conditions barbares. Sur le cliché, les pêcheurs entassent dans les barques, le butin au goût de sang. Photo de 1950. 

 Pêche ancestrale du thon rouge en Méditerranée, la « mattanza » est toujours pratiquée sur l’île de San Pietro au sud-ouest de la Sardaigne. Cette pêche, au premier abord cruelle, répond à un besoin de subsistance dont l’origine remonte à la préhistoire. Très technique, elle consiste à capturer les thons de l’Atlantique sur le trajet de la reproduction. En effet, les premiers jours de printemps ces superbes poissons passent par le détroit de Gibraltar pour se reproduire dans les eaux tempérées de la Méditerranée.La « mattanza » a toujours été une entreprise collective, solidaire, dotée d’une forte hiérarchie à l’image de la communauté et au fil des siècles, les hommes ont dû mettre en commun leurs forces et leurs moyens pour intercepter les grands thons argentés. Son processus commence à terre avec la construction de la « tonnera », un labyrinthe de filets qui demande énormément d’attention. Une multitude de filets devenant progressivement plus petits en taille les guident inexorablement vers le piège final, la « camera della morte » ou chambre de la mort. Toute l’opération est dirigée par un chef, le raïs, c’est lui qui décide quand commencer et conclure l’opération, ouvrir ou fermer les pièges et c’est toujours lui qui donne les ordres aux barques en les disposant de telle façon à faciliter l’entrée des thons dans la chambre de la mort puis de façon à les enfermer dans un carré. Ce poisson fuselé peut peser jusqu’à 800 kg est transporté dans les bateaux et ramenés vers les îles laissant à la mer toute mémoire de ce massacre et rétablir le calme jusqu’à l’année prochaine.

Pendant des siècles, la « mattanza » a représenté la principale sinon l’unique ressource de revenus pour toute l’île, aujourd’hui cette antique tradition rassemble chaque année des centaines de spectateurs

Guidés par des filets, les bancs de thon rentrent dans la chambre de la mort, théâtre d'un massacre barbare. Equipés de lances acérées et de harpons crochus, les pêcheurs plantent sans états d'âme les pointes dans le dos des poissons. Dans une Méditerranée rouge de sang, les thons agonisent dans des souffrances atroces. Jadis nécessité économique, cette tradition devenue un spectacle macabre n'a plus de raison d'exister de nos jours.

 

Nostra Mar, bressola de l'humanitat, sera més guapa sense aquell salvatge bany de sang ! 

Notre Méditerranée, berceau de l'humanlté, sera plus belle sans ce sauvage bain de sang ! 

Victimes de la pollution.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

               Les rejets de CO2 (gaz carbonique) dus aux activités humaines, notamment à l’utilisation outrancière de pétrole ou de charbon, augmentent lentement la température de la planète. C’est l’incontournable et fameux réchauffement climatique, qui menace la banquise, fait fondre les glaciers et élève progressivement le niveau des océans. Si le thermomètre continue à grimper, les mers finiront, elles aussi par se réchauffer. Les coraux seront les premiers touchés. Une élévation de seulement 3°C suffirait à les faire mourir en masse. Les coquillages sont moins sensibles, mais n’en sortiront pas indemnes pour autant. Car la moitié du CO2 rejeté dans l’atmosphère est absorbée par l’océan, dont elle perturbe l’équilibre chimique. Résultat : les mollusques ont plus de mal à mobiliser les carbonates de calcium qui constituent leur coquille. Si le taux de CO2 de l’eau grimpait encore, la vitesse de formation des coquilles serait ralentie de 25% chez la moule et 10% chez l’huître. Ces animaux pourront-ils s’adapter ? 

L'avenir de l'être humain dépend

de la bonne santé de tous les océans.

 

Eradiquer le moustique.

Écrit par Super User. Publié dans L'eau qui gronde.

Privons-le d’eau. Lorsque les beaux jours reviennent en Languedoc-Roussillon, le moustique fait parler de lui. Il n’y a pas un moustique mais 3 500 espèces différentes, piqueurs ou pas (ce sont les femelles qui piquent) et sur le littoral méditerranéen il en existe 49 dont 15 piquent. A ce virulent insecte traditionnel issu des zones humides littorales c’est ajouté le «moustique-tigre urbain» redoutable insecte qui dans les Pyrénées Orientales a colonisé 47 communes.

La lutte contre le moustique. Le moustique-tigre, espèce « invasive », présente dans notre région depuis quelques années seulement possède une force de nuisance très élevée. Petit, agaçant, têtu et très vorace, il s’acharne sur les humains. L’éradication du moustique tigre se poursuit, même après la saison chaude car la douceur des températures entraînent la prolifération de cet insecte. La lutte doit se poursuivre durant l’hiver afin de limiter les nuisances dès le retour des journées estivales. L’opérateur public de l’Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID) applique un traitement bio-insecticide contre les larves dans les gîtes publics infestés, comme les avaloirs pluviaux, les vides sanitaires ou les bassins.

Consignes à suivre. Il faut supprimer les eaux stagnantes où prolifèrent les larves de moustiques. Par exemple, en vidant une fois par semaine les vases, seaux, bassins, soucoupes sous les pots de fleurs et en remplaçant l’eau des soucoupes par du sable humide. Il est aussi conseillé de couvrir de toile moustiquaire les réserves d’eau, d’entretenir les piscines en les bâchant ou en les vidant, de vider puis retourner ou rentrer les matériels de jardin, les jouets et autres réceptacles potentiel d’eau.

Conclusion. Il faut être sec avec les moustiques, c'est-à-dire n’avoir aucune eau stagnante même après les pluies, quand on sait que 80% de gîtes de reproduction fabriquée par l’homme se trouvent au sein des domiciles privés ou collectifs. Quelques communes font l’expérimentation d’une technique d’auto-dissémination qui pourrait réduire de 50% la présence du moustique-tigre. La guerre avec cet insecte importun et détestable au possible sera impitoyable.