La prairie sous la mer.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

       L’herbier de posidonie offre un lieu de vie privilégié pour une multitude d’espèces. Du haut des feuilles inondées de lumière, jusqu’à la matte souterraine riche en cavités obscures, chaque organisme y trouvera les conditions optimales pour se développer. Parmi ces nombreuses espèces, la Grande nacre (pinna nobilis), espèce protégée, trouve dans l’herbier de posidonie un habitat de prédilection. De forme triangulaire et allongée, la grande nacre, espèce endémique de Méditerranée est un grand coquillage bivalve qui peut atteindre 80 cm de haut.

La plupart des variétés qui broutent l’herbier se nourrissent en fait d’algues et de petits animaux qui vivent fixés sur les feuilles de posidonie (on a recensé plus de 400 espèces de ces algues) où vivent, directement ou indirectement, plusieurs milliers d’espèces animales. A la fois nurserie pour les juvéniles, abri et terrain de chasse pour les adultes, c’est l’écosystème le plus riche de Méditerranée.

La régression des herbiers partout en Méditerranée doit être considérée comme un véritable fléau qui pose problème pour la biodiversité.

A titre d’exemple, le labre vert n’est vert que lorsqu’il est jeune. Cette couleur lui permet de se camoufler dans l’herbier. Devenu adulte et moins vulnérable, il prend des couleurs variables, orange ou brune. Le syngnathe à tête large est mimétique ; il passe ainsi inaperçu au milieu des feuilles de posidonie ! 

L’or blanc autour de Narbonne.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

Le salin de La Palme (Aude) est reconnu depuis l'Antiquité.

Le salin de La Palme avec plus de 400 hectares est l'un des principaux site de saliculture de l'Aude. Le stock de sel est disposé en "camelles" c'est à dire en gros monticules. Au premier plan l'étang de La Palme, haut lieu des sports de glisse (kitesurf, windsurf etc).

         Autrefois, Narbonne était une ville romaine prospère, au carrefour de deux importantes voies de communication, la Via Domitia qui enjambe les Pyrénées par le col du Perthus, dessert la Catalogne puis file vers le sud de la péninsule espagnole et la Via Aquitania qui mène vers Toulouse, la capitale du Languedoc et au-delà vers la Gascogne, l'Aquitaine et Bordeaux. 

Le salin est une zone humide et un milieu naturel très riche avec de nombreuses variétés de plantes et espèces d’oiseaux comme la sterne, la bécasse, le bécasseau chevalier, le gravelot et le flamant rose.

Entourée de vastes lagunes, le littoral de la « Narbonnaise » possède les conditions climatiques naturelles pour la culture du sel : une faible pluviosité, un soleil généreux et flamboyant secondé par un vent soufflant presque en continu, le Cers (tramontane), toujours sec et la forte salinité de la Méditerranée. Jadis, le sel était un produit très recherché, lié à de nombreux usages quotidiens, pour la conservation des aliments, pour l’élevage des bovins, plus tard pour la fabrication des peaux.

Dès le XIème siècle, les salines de la région de Narbonne sont les plus actives de toute la façade maritime. Le premier site construit est celui de Mandirac, au bord de l’étang de Bages-Sigean, suivent ceux de Sigean et de Peyrac de Mer. Aménagés en « chaudoirs » (tables salantes) où s’effectuent la concentration des eaux et en bassins salants où les cristaux de sel très légers se déposent sont séparés par de petits canaux, nommés aiguilles. La forte salinité, l’évaporation intensive provoquée conjointement par le vent et le soleil, des étangs peu profonds reliés à la mer par des graus sont autant de conditions favorables à la culture du sel. La récolte fait l’objet d’un transport jusqu’aux greniers à sel de Narbonne situés dans le quartier du Bourg (autour des Halles) qui contribue ainsi à la puissance de la ville. Ils sont exploités par de riches marchands urbains de la capitale de l’Occitanie.

La gabelle désigne l’impôt sur le sel dès 1316 mise en place par Philippe VI. Supprimé à la Révolution, elle fut remplacée par un impôt perçu directement sur les lieux de fabrication.

Il est exceptionnel de pouvoir observer encore sur le littoral audois cette aventure quotidienne du sel, de regarder les grands tas de sel stocké, les camelles, qui marquent le paysage depuis tant de générations. Des paysages entre nature et culture.

L’histoire du sel a de beaux jours devant lui, encore alimentée par les deux salins audois, celui de Gruissan et celui de La Palme. Dommage que celui de Sainte Lucie à Port la Nouvelle soit fermé, mais peut-être va-t-il ressusciter bientôt. C’est tout le mal qu’on lui souhaite ! 

Médius Terrae, berceau des loisirs...

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

Autour de la « medius terrae », la mer au milieu des terres, se sont propagées au fil des siècles les plus brillantes civilisations. Dans son ciel pur, les étoiles ont guidé les navigateurs antiques vers la découverte des rivages occidentaux. Les conquérants Crétois, Egyptiens, Mycéniens, Phocéens, Phéniciens, Turcs, Arabes, Grecs et Romains ont construit, à l’embouchure des fleuves, des ports qui servaient à la pénétration des pays et le long du rivage de la Méditerranée ont installé des comptoirs. Les vestiges grecs et romains sont encore visibles dans notre région à Narbonne, Agde, Roses, La Escala, Barcelona, ou Tarragona. Des routes maritimes sont tracées sur cette mer parsemée d’îles, ce qui a facilité le cabotage et la navigation. Le climat particulièrement favorable à l’épanouissement  de la vie humaine, à la flore et à la faune, avec ses printemps vivifiants, ses étés secs et chauds, tempérés par la brise marine, ses automnes doux et hivers tièdes attirent commerçants, intellectuels, artistes. La Méditerranée fut la plaque tournante idoine pour divulguer l’esprit et la pensée du monde ancien. Puis, les unes après les autres, toutes les civilisations se sont endormies dans l’éternité de l’Histoire laissant à l’Occident leur culture et leur immense savoir. Perpétuellement le monde se métamorphose. D’autres populations sont attirées par ce grand espace bénie des dieux. Venues de pays aux climats moins cléments, ce sont des peuplades qu’on dénomme les touristes ! Ils ont découvert la douceur de vivre au soleil de la Méditerranée. Tout au long de l’année ils ont rêvé aux longues plages de sable doré, de criques sauvages, de calanques aux eaux cristallines comme un diamant. Aux premières chaleurs de juin, la transhumance s’active, allant crescendo jusqu’au mois d’août. Des millions d’estivants s’installent sur 30 000 kilomètres de côtes ensoleillées. Chacun trouve autour de lui ce qu’il recherche. Le farniente sur les plages de sable ou de galets, le délassement au bord d’une petite anse, la clarté d’îles aux senteurs d’iode pur, une plongée sous-marine écologique ou une sortie nocturne. Bien d’autres activités sont possibles. Peut-être même, qu’un vieux marin, la figure mangée de barbe blanche, d’un revers de main débarrassant l’horizon des luttes silencieuses pour piéger le poisson à une époque où au milieu de tant de misère et de laideur halant sur les manoeuvres car leur vie et celles de leurs familles en dépendait. Un fabuleux héritage en perdition car hommes et bateaux ne sont plus que poussière. Ces photos jaunies puissent-t-elles les sauver de l’oubli. Pour ces hommes formés à la rude école, de leur gré ou souvent de force, la mer est le seul métier, le seul refuge. La majesté de la mer et du ciel met en valeur les silhouettes rudes, vigoureuses, cahotantes des bateaux de pêche récoltant la moisson de la mer. On peut presque sentir les mains gercées des pêcheurs sur les câbles rugueux et la toile raide. Mais ces hommes étaient de la race de ceux qui menaient les grands cotres de course.

La merveilleuse lumière méditerranéenne marie les styles disparates. Elle irradie d’un bonheur de vivre éclatant et plonge les rivages parfumés dans une euphorie enchanteresse. Dans les ports où tout l’hiver l’angoisse succède à l’espérance. Dans l’éternel été du Midi, où ports et criques se rôtissent au soleil. Les paysages ont gardé la simplicité et la pureté ancestrale. Ils sont truffés de vestiges historiques grandioses. Les bateaux de pêche et leurs équipages étaient là avant son arrivée et après qu’il eut disparu. C’était de grands bateaux, robustes avec leur coque noire à cette époque, et construits aussi lourdement que des églises de campagne pour durer plus d’une génération. 

 

Déjà en 1861 Jules Michelet écrit :

 La mer, qui commença la vie sur ce globe, en serait encore la bienfaisante nourrice, si l’homme savait seulement respecter l’ordre qui y règne et s’abstenait de le troubler. 

Jules Michelet est un historien-écrivain français né à Paris le 21 août 1798 et mort à Hyères le 9 février 1874.

Mondial du Vent 2017 à La Franqui.

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

Le ballet de l'hélicoptère fait partie intégrante du spectacle au Mondial du Vent. Il est chargé de fournir de belles images aux médias. Cela ne peut se faire qu'au plus près des sportifs losque ceux-ci s'éloigne du rivage. Sur le cliché (2014) l'hélico est en phase d'atterrissage  sur la plage entre lagune et mer. 

Leucate- La Franqui en Languedoc organise le 21ème Mondial du Vent, de l’eau et du soleil du 11 au 17 avril 2017. Premier spot international en France consacré aux sports de glisse, la compétition attire chaque année un grand nombre de connaisseurs, de novices comme moi, mais aussi les champions de demain. Présents aussi les médias, les télévisions françaises et étrangères afin de divulguer les magnifiques figures exécutées sur l'eau et dans les airs par les grandes stars internationales de haut niveau que sont Carlo Mario, Alex Pastor, Youri Zoon, Liam Wlaley, Valentin Garat, Bruna Kajiya, Antoine Fournon, Tonky Frans ou Pauline Valera. 

Le Mondial du Vent s’envole vers un événement où le sportif se marie avec les éléments naturels qui l’entourent : le vent purificateur, le bleu de la Méditerranée, les interminables plages de sable fin, vierges de béton, un soleil ardant et généreux, un chapelet de lagunes littorales cernées de vignes et de garrigues tapissées d'une flore aromatisée, abandonnée à son inspiration, typiquement méridionale, une faune, dont l'emblèmatique flamand rose, dispose dans ce théâtre unique habitats et pitance favorable à son développement. 

Les diverses compétitions (kitesurf, windsurf, spaddle) proposent des prouesses spectaculaires, de plus en plus rapides, de plus en plus aériennes, de plus en plus techniques, grâce à la vitesse des « riders » propulsés par la puissante tramontane au souffle inépuisable. Toutes les épreuves se déroulent sur la plage de sable fin des Coussoules, classée parmi les 10 plus belles plages de France.

Doté d'une excellente organisation, La Franqui, vieux faubourg pittoresque, niché dans un cadre environnemental extraordinaire entre lagune et Méditerranée réuni tous les ingédients pour que le Mondial du Vent 2017 soit un événement de qualité. Sans oublier que le village de toile présente dans les stands un registre de connaissances ludiques et pédagogiques très variées, consacrées à l'écologie, à l’environnement, à la faune et la flore languedocienne, animations et spectacles pour les tout-petits, informations sur le nouveau matériel à destination des fans de sports de glisse.

Il ne reste plus qu’à souhaiter que la tramontane soit au rendez-vous pour que la fête soit réussie.

Malgré que les parkings soient devenus payants oui, oui les friches agricoles sont réquisionnées, (il faut bien que ces malheureux professionnels de la politique gagnent leur vie...), je serais une nouvelle fois au rendez-vous mais avec mon vélo pour éviter, par principe, de leur donner 3 euros !

  L'éphémère village de toile de La Franqui lors du Mondial du Vent 2014 longe La Franqui adossée contre la muraille du cap Leucate et cachée sous les pins séculaires. Devant, entre étang (en haut) et Méditerranée, la plage des Coussoules s'étire sur 8 km sans la moindre construction en béton.

L’huître de Bouzigues

Écrit par Super User. Publié dans Notre Méditerranée.

 

Entre Méditerranée et garrigues langedociennes, l'étang de Thau est une petite mer intérieure long de 20 km pour 5 km de large, paradis des amateurs de succulents coquillages. Les tables d'élevage sont au milieu d'un écosytème de grande qualité qui, additionné au savoir-faire des paysans de la lagune, offre un produit du terroir unique. Vue panoramique sur l'étang de Thau depuis le pic St Clair à Sète.

Pour consommer en toute sécurité des huîtres et des moules de qualité, le contrôle sanitaire des coquillages obéit à une réglementation très stricte appliquée par les services de l’Etat. Après les crises sanitaires des années 2000, des mesures environnementales réduisent nettement les risques microbiologiques et chimiques. La preuve irréfutable que préserver l’étang des pollutions terrestres ou aquatiques devient incontournable. La filière conchylicole pour sortir du tunnel poursuit des actions et, sur le long terme, développe un arsenal de mesures afin de protéger plus efficacement cette belle lagune des diverses et complexes contaminations. En effet, l’étang est exposé à différents risques : pollutions venues des bassins versants (notamment les stations d’épurements), pluies abondantes qui augmentent les risques microbiologiques, prolifération des algues en période de grandes chaleurs.

L’enjeu est énorme. L’immense bassin de Thau avec 550 entreprises et 2 000 emplois joue un rôle majeur sur l’économie locale. La quasi-totalité de la production régionale de coquillages, environ 10 000 tonnes, est concentrée à Mèze, Marseillan, Sète, principaux centres producteurs. Cette dynamique, avec le soutien des collectivités locales, est le moteur de grands travaux visant à entretenir et moderniser les équipements portuaires. Le dragage des ports et l’enlèvement de l’épaisse couche de sédiments couvrant les fonds est indispensable car ces dépôts nuisent à la qualité des eaux et à la navigabilité. L’année 2016 a vu la mise en place de décanteurs dans les 29 « mas » (entreprises conchylicoles) du Barrou. Ces équipements recueillent les déchets lors du nettoyage des coquillages. Cela diminue les risques liés au rejet de micro-organismes présents dans les déchets notamment le risque de « malaïgue », c'est-à-dire la baisse du taux d’oxygène dans l’eau propice à la prolifération des algues.

La lagune possède trois ports de plaisance, Bouzigues, Mèze et Marseillan qui se mettent aux normes des aires de carénage, installent des points de collecte et de tri des déchets issus de l’activité portuaire et s’équipent en pompes destinées à l’évacuation des eaux usées des bateaux.

L’objectif de tous ces travaux consistent à l’amélioration de la qualité des coquillages et protéger la lagune des pollutions liées aux activités humaines car la conchyliculture représente la seconde économie agricole du département de l’Hérault, après la viticulture

Les Romains ont importé les huîtres et divulgué leurs connaissances, les Languedociens, au fil des sièclesont bonifié la qualité et la réputation du coquillage. Photo des tables d'élevage depuis le pittoresque village de Bouzigues, de l'autre côté le pic St Clair et Sète