L’aveugle des fontaines.

Écrit par Super User. Publié dans Fontaines.

      Dans le Vallespir, un aveugle qui faisait danser les villages grâce à son violon, avait le don de parler aux fontaines la nuit de la Saint Jean. Tout le village en profitait pour le questionner ! Est-ce que je me marierai cette année ? Etait souvent la question posée par les jeunes filles du village, est-ce que la récolte de pommes de terre sera bonne adjuraient les paysans ? Dans un grand silence, l’aveugle prenait son instrument de musique et calquait le tempo sur le murmure de l’eau. Il jouait pour la fontaine. Jeunes filles impatientes et paysans anxieux attendaient la réponse du murmure de l’eau, car la fontaine répondait à chaque fois. Autrefois, les jeunes filles profitaient de cette nuit unique, le 23 juin, pour baigner leurs visages dans la rosée des feuillages !

Un jour, lorsque la Saint Jean annonce la belle saison, un jeune garçon se présente au musicien et demande : est-ce que vous pouvez demander à la fontaine si ma mère gravement malade de la tuberculose mourra de cette maladie ? D’abord interloqué par la question du jeune garçon, l’aveugle lui assure que la fontaine conseille de trouver des « diamants de la Sain Jean » dans la nature et de lui en donner à manger. Tu lui feras manger des « diamants » est la phrase que « el nen» (le garçon) a retenu. Motivé et courageux, il part à la recherche du précieux « diamant », prêt à tout pour délivrer sa maman de la terrible maladie. Alors tout seul, toute la journée, il longe les berges des torrents, chemine sur les versants des Pyrénées du Vallespir, hélas en vain. Puis il passe la nuit à explorer les estives. Le jour va se lever et il n’a toujours rien trouvé.

Fourbu, découragé, le désespoir est prêt à le saisir lorsqu’il aperçoit un berger préoccupé à faire franchir un petit torrent à ses moutons. Il l’interpelle, le pâtre s’arrête, écoute attentivement ce jeune garçon inconnu et courageux. Hochant la tête, comme après une mûre réflexion, il lui dit : regarde bien les fleurs, au lever du soleil, tu verras apparaître les « diamants ». C’était en fait des gouttes de rosée que l’adolescent s’empressa de recueillir pour guérir sa maman.

Pour la petite histoire, au Moyen-âge, l’alchémille, le nom de cette plante était connu pour ses vertus à usages multiples. Récemment, des chercheurs ont testé cette plante confirmant qu’elle possède la caractéristique de conserver les dernières gouttes de rosée chargées de vertus bienfaitrices. 

Transport de l’eau au Ceylan.

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Porter sur la tête plusieurs récipieants remplis d'eau pour les besoins de  la famille est une ancestrale besogne réservée aux filles et aux femmes au  Ceylan, île sur l'océan Indien. L' île de Ceylan, joyau touristique, s'appelle aujourd'hui Sri Lanka. Photo de 1950. 

Dans les pays en développement, au plus simple, les utilisateurs transportent l’eau soi-même, moyen encore utilisé parce qu’il est gratuit et ne requiert aucun système ou intermédiaire. De nombreuses cultures de pays divers commandent que cette corvée soit dévolue aux filles et aux femmes. Pour approvisionner en eau la famille, quotidiennement, elles effectuent de longs trajets charriant, telles des bêtes de somme, une eau souvent non salubre pour boire et nettoyer les aliments qui porte gravement atteinte à la santé humaine. Ce travail physiquement astreignant peut occuper plusieurs heures par jour. On ne peut occulter le facteur santé car marcher avec un récipient de 20 litres (environ 20 kg) sur la tête et le dos, entraîne un lourd tribut en termes de santé. Il prive les filles de recevoir une instruction et les femmes de gagner leur vie ou de se consacrer à d’autres activités qui pourraient leur permettre de sortir du cycle de la pauvreté typique des communautés où le transport individuel est la norme.

La fontaine-calvaire de la Trinité à Cléguérec

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La fontaine-calvaire de la Trinité à Cléguérec, commune du département du Morbihan en Bretagne.

Breton pur-sang, philosophe et écrivain de talent,Ernest Renan a écrit dans son ouvrage « Prière d’Acropole », une des plus belles pages dédiés aux fontaines sacrées et à la magie des eaux de Bretagne : «  Je suis née déesse aux yeux bleus, de parent barbares, chez les Cimmériens bons et vertueux qui habitent au bord d’une mer sombre hérissée de rochers, toujours battus par les orages…Les nuages qui paraissent sans couleur, et la joie même y est un peu triste, mais les fontaines d’eau froides y sortent du rocher, et les yeux des jeunes filles y sont comme vertes fontaines où, sur des fonds d’herbe ondulées, se mirent dans le ciel ».

Ernest Renan né le 28 février 1823 à Tréguier (Côtes d’Armor), est mort à Paris le 2 octobre 1892.

Le culte de l’eau est parmi les plus anciens à travers le monde. En Bretagne le culte se perd dans la nuit des temps et il faudrait sans doute remonter à la préhistoire pour en trouver la genèse. Avec une moyenne de 2 fontaines sacrées par village, on estime à plus de 2 000 le nombre de fontaines sacrées éparpillées dans la campagne dont une partie a été inventoriés par les services culturels. La plus emblématique est certainement la fontaine de Barenton aux multiples légendes située dans la forêt de Brocéliande.