Lavandières : rien ne manque

Écrit par Super User. Publié dans Lavoirs.

          Au bord de la Vienne, affluent de la Loire, les lavandières, les mains frippées par l'eau, s'activent sans compter. Sur ce cliché, aucun outil ne fait défaut pour exercer dans de bonnes conditions ce rude métier : sabots aux pieds, tabliers de cuir, bonnets, planches à laver en pierre et en bois, battoirs, seaux, caisse garde-genoux, chevalets, égouttoirs, et.... ah, il manque quelque chose d'important : la brouette pour transporter le linge humidifié ! Un oubli collectif de ces dames à ce niveau n'est pas possible, c'est trop gros ! Plus vraisemblablement, elle (la brouette) se trouve hors champs photo ! L'inventaire est complet ! Non pas encore, j'ai failli oublier quelque chose présent sur le cliché : une solidarité féminine émouvante en ces temps difficiles ; deux lavandières tordent un drap pour l'essorer et encore regardez le pitchoun en bas, à droite, il en prépare "une", discrètement, mais elles connaissent ce petit diable, alors toutes ont un oeil sur lui ! Ce bambin est bien entouré, bien cajolé, elles sont toutes ses mamans ou mieux encore ses mamies ! Cette vie d'autrefois, pourtant âpre et austère, n'est-elle pas belle ?

Lavoir de Palalda-Amélie les Bains.

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Lavoir communal de Palalda ancien village médiéval, aujourd'hui hameau rattaché à Amélie les Bains station thermale réputée du Vallespir. 

La lessive, la blanchisseuse et le joug.

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Une blanchisseuse à l'aide d'un joug transporte deux seaux lourds de linge encore humide. Photo de 1960.

La lessive, corvée ingrate de nos arrières-grand-mères.

Chez les notables ou chez les fermiers ce sont des blanchisseuses professionnelles qui décrassaient le linge. Dans les familles plus humbles, la maîtresse de maison était chargée de cette tâche arassante. Le linge était disposé dans une lessiveuse avec une mixture d'eau et de cendres de bois ce qui restituait "au blanc" son éclat. Le petit linge de couleur était toiletté séparément dans un baquet en bois rempli d'eau chaude, lessivé au réputé savon de Marseille, puis frotté délicatement à l'aide d'une brosse sur une planche. L'ensemble, mis dans une bassine, prenait alors le chemin du lavoir communal. Là, en commentant les dernières nouvelles du village, pas forcément méchantes, les lavandières rinçaient dans les bassins d'eau chantante et limpide. Il arrivait que certains villages ne possédant par de lavoirs, c'est au fil du courant du ruisseau ou à la rivière que se faisait le rinçage. La meilleure place se trouvait évidemment en amont qui ne pouvait recevoir l'eau déjà utilisée et chargée de savon. Le linge était tordu et battu à l'essorage. De retour à la maison, l'étendage sur l'herbe au milieu du pré donnait une douce fraîcheur printanière et un parfum naturel. A cette époque ce que l'on nommait "la grande lessive" avait lieu deux fois par an, parfois une seule fois. Ce rendez-vous annuel mobilisait alors toute la famille. Propres, repassés, parfumés de plantes sauvages odorantes, les draps, couvertures, manteaux, pantalons, chemises et vêtements féminins étaient rangés dans les armoires, prêts à être utilisés à la prochaine saison. 

Bateau-lavoir sur la Saône.

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15 juin 2016.           Un bateau-lavoir amarré sur un quai de la Saône face à l'église St Gorges à Lyon. Jadis dans la région lyonnaise un bateau-lavoir s’appelait aussi une « platte ». Le Rhône et son affluent la Saône qui traversent Lyon de part en part, étaient jalonnés à intervalles réguliers de ce type d’embarcation ce qui rendez de précieux services aux lavandières de la villePhoto de 1951.